Réchauffement climatique : la répartition des pluies va changer de manière étonnante ! À quoi s'attendre en France ?
La répartition des pluies va changer sur Terre en raison du réchauffement climatique, mais pas comme on l'imaginait jusqu'à présent. Selon une étude américaine, les précipitations pourraient bientôt imiter celles du Paléogène, ère géologique d'il y a 66 millions d'années.

La Paléogène, il y a entre 66 et 46 millions d'années, est l'ère géologique qui pourrait ressembler le plus au futur de notre planète si le réchauffement climatique se poursuit sur sa lancée. Des chercheurs américains, en se penchant sur cette époque, en ont tiré des conclusions intéressantes sur la répartition des pluies sur Terre, à rebours de nos connaissances actuelles.
Un assèchement aux latitudes modérées ?
Dans cette étude, publiée en décembre dernier dans la revue Nature Geoscience, les chercheurs de l'université de l'Utah et de l'école des Mines du Colorado se sont intéressés au climat du Paléogène, ère géologique réchauffée. Ils ont analysé le sol de notre planète : c'est en effet la terre, les feuilles, le lit des rivières et autres éléments naturels qui racontent l'histoire de notre climat.
More intermittent mid-latitude precipitation accompanied extreme early Palaeogene warmth https://t.co/1Zupp5CJCg
— Kristy Michele Croley (@KristyMCroley) December 23, 2025
Grâce à ces substituts des observations directes, les scientifiques peuvent faire des suppositions sur ce que la Terre a traversé et sur ce qui l'attend. Ils ont ainsi réussi à modéliser les fréquences et la force des pluies pendant la période du réchauffement climatique du Paléogène, il y a 66 à 48 millions d'années. Ce qu'ils ont découvert est particulièrement étonnant.
En effet, il est de coutume de penser qu'avec un réchauffement du climat, les extrêmes deviennent légion, c'est-à-dire que les régions humides deviennent encore plus humides, et les régions sèches encore plus sèches, archi-sèches.
Un raisonnement certes purement physique, mais renversé totalement par l'étude de ces chercheurs : en effet, dans celle-ci, les latitudes modérées, tempérées, comme par exemple la France, tendent à montrer un assèchement. Cela pourrait être dû à la variabilité et à la distribution des précipitations dans le temps.
Des régions polaires très humides ?
L'étude du climat du Paléogène est très intéressante, puisqu'il s'agit de la période à laquelle la Terre a été la plus chaude, sans doute jusqu'à 18°C au-dessus des températures de l'ère préindustrielle (avant 1850). Nous n'en sommes pas encore là, mais certains scientifiques estiment que l'état de la Terre dans le futur, si le pire des scénarios de réchauffement se réalise, se rapprochera de l'état de la planète à cette période ancienne.
The PaleoceneEocene Thermal Maximum (PETM) is one of the closest deep-time analogues to modern global warming.
— Thomas Reis (@peakaustria) December 13, 2025
We conclude that global warming of the magnitude as during the PETM could exceed the response capacity of vegetation systems and cause a long-lasting decline in the pic.twitter.com/2xV9Q4wzoY
Alors que les latitudes modérées et tempérées s'asséchaient, ces scientifiques ont aussi découvert que les régions polaires étaient très humides à l'époque du Paléogène.
Un résultat obtenu non pas en analysant le volume de précipitations annuelles sur la planète lors du Paléogène, mais en étudiant les végétaux, les sols et les lits de rivières, afin de comprendre à quelle fréquence et dans quelles conditions les précipitations tombaient à l'époque.
S'il s'agit de la meilleure méthode pour comprendre le climat du passé, ce n'est toutefois pas une méthode infaillible. Elle permettra toutefois aux spécialistes du climat de modifier à la marge leurs modélisations pour tenter de cartographier avec précision le climat futur de la Terre.
Références de l'article :
GEO. Réchauffement climatique : voici à quoi pourraient ressembler les pluies du futur.
EurekAlert!. What past global warming reveals about future rainfall.
J.S. Slawson et al., Nature Geoscience, 2025. More intermittent mid-latitude precipitation accompanied extreme early Palaeogene warmth.