tameteo.com

Changement climatique : les glaciers des Alpes en sursis

Dimanche dernier, une grande partie d'un glacier s'est effondré dans les Alpes italiennes, provoquant la mort d'au moins sept personnes. Une conséquence directe du changement climatique, qui devrait se répéter de plus en plus fréquemment.

marmolada
Le glacier de la Marmolada, dans les Alpes italiennes, un jour d'été.

La catastrophe de dimanche dernier dans les Alpes italiennes relance l'inquiétude autour de l'état de santé des glaciers alpins. Et le lien avec le changement climatique ne fait guère de doute : la veille de la catastrophe, sur ce même glacier, on relevait près de 10°C. Explications.

Une conséquence directe du changement climatique

Le Président du Conseil italien, Mario Draghi, en visite sur les lieux de la tragédie lundi, a immédiatement pointé la cause climatique de la tragédie. Et cette analyse fait l'unanimité dans le monde scientifique.

Depuis plusieurs semaines, de façon similaire à la France, l'Italie fait face à de fortes chaleurs précoces, après un hiver particulièrement aride et peu neigeux. Les glaciers des Alpes italiennes ont déjà perdu en grande partie la couverture de neige qui les protège durant l'été. En conséquence, les glaciers sont directement exposés aux fortes chaleurs, et ce, bien plus tôt qu'à l'accoutumé.

Les températures extrêmement élevées de ces dernières semaines et derniers jours (il faisait 10°C au sommet de la Marmolada samedi), ont provoqué une accumulation de l'eau de fonte à l'intérieur du glacier, laquelle a créé l'effondrement observé dimanche.

Des glaciers alpins en voie de disparition

Des détachements de glacier ont toujours eu lieu dans les Alpes mais rarement d'une telle ampleur. Il faut dire que la chaîne alpine est particulièrement exposée au changement climatique. Les températures se réchauffent deux fois plus vite dans les Alpes qu'à l'échelle mondiale.

La catastrophe qui s'est produite dans les Alpes italiennes dimanche dernier aurait très bien pu arriver du côté français. Le 18 juin dernier, un record absolu de température était battu au Mont-Blanc, plus précisément à la station météo du Col Major, située à 4.750 m d'altitude, avec 10,4°C.

Les glaciers alpins sont directement fragilisés par ces nouvelles conditions climatiques. Une étude scientifique dirigée par des chercheurs suisses en 2019, prévoyait que 90% des glaciers alpins risquaient de disparaître d'ici la fin du siècle, si les émissions de gaz à effet de serre restaient constantes.

Au cours de ces dernières années, de nombreux glaciers ont perdu de leur superficie. Les conséquences de leur recul rendent les versants de plus en plus instables (chutes de pierres et glissements de terrain), et provoquent une recrudescence des boues torrentielles liée à l’augmentation des précipitations en été.

L'accident qui s'est produit dimanche risque donc de se répéter à l'avenir. L'alpinisme d'été devra au minimum s'adapter à ces nouvelles conditions et la surveillance des glaciers devra être renforcée pour éviter de nouveaux drames humains à l'avenir...