Cette douceur en plein hiver est-elle exceptionnelle ?

Soleil, ciel bleu... le temps est au beau fixe depuis plusieurs jours. Pour couronner le tout, les températures sont aussi très douces pour la saison. Une situation exceptionnelle ?

Virginie Hilssone Virginie Hilssone 21 Fevr 2019 - 02:00 UTC
soleil
Plein soleil pour les prochains jours et grande douceur !

C’est le printemps en plein hiver. Depuis une semaine, les conditions météorologiques sont très clémentes dans de nombreuses régions pour la plus grande joie des vacanciers qui peuvent profiter d’un beau ciel bleu en montagne ou au bord de la mer. Et pour cause, l’anticyclone baptisé Dorit par les allemands s’est installé sur l’Europe. Hormis un petit front atténué qui a concerné la moitié nord ce mardi et quelques nuages qui restent bien accrochés dans le Golfe du Lion en raison du vent d’autan, le temps est très lumineux.

Si certains ne lâchent plus leurs lunettes de soleil, d’autres en ont profité pour ressortir les petites vestes. Dans un flux de sud, les températures atteignent des niveaux d’un mois d’avril et dépassent jusqu’à 13 degrés localement les normes de saison. Ces derniers jours, on a ainsi relevé jusqu’à 23.1 °C à Biarritz, 18 degrés à Lyon ou encore 17.4 degrés à Paris. Les premiers 20°C de l'année en Île-de-France (20.2°C à Nemours) et en Alsace (20.5°C à Colmar) ont été atteints le dimanche 17 février. Si un léger rafraîchissement a été observé ce mardi en lien avec la perturbation, le mercure devrait de nouveau grimper pour cette fin de semaine. Une douceur exceptionnelle ? Pas vraiment.

Une douceur remarquable mais pas exceptionnelle.

Cette douceur qui s’est installée sur le pays est simplement remarquable car ces températures n’atteignent et ne dépassent encore moins les records pour un mois de février. A Paris, il est actuellement de 21.4 °C et date du 28 février 1960. Il faut même remonter à l’année 1926, le 21 février pour retrouver le record de douceur à Bordeaux qui s’élève à 26.2°C. Enfin, le record absolu pour un mois de février est même de 31.2°C, relevé à Saint-Girons le 29 février 1960 ; et là, c’était presque l’été qui s’était invité au mois de février ! On estime que ces conditions printanières s'invitent en hiver tous les 2-3 ans selon les statistiques.

Le soleil devrait de nouveau dominer sans aucun rival pour cette fin de semaine avec des maximales qui dépasseront fréquemment les 15°C au nord et les 20°C au sud, elles pourraient même être 1 à 2°C au-dessus de celles observées le week-end dernier et dans ce cas certains records mensuels pourraient être menacés. La situation de blocage est maintenant garantie jusqu'au mois de mars, avec une sortie toujours envisagée tout en douceur avec le retour de petites perturbations atténuées sur un tiers nord, et le maintien de températures fort agréables pour l'époque, sans le moindre aléa hivernal en vue.

Les joies de notre climat tempéré

Mais ces températures et ces conditions très printanières peuvent surprendre quand on se souvient qu’il y a un an, la France subissait les vigueurs du fameux Moscou-Paris avec une vague de froid qui avait gagné presque tout le pays et des températures glaciales. On avait relevé le 26 février en matinée jusqu’à -10.0°C à Ambérieu (01), -8.6°C à Belfort (90), -8.0 à Saint-Etienne (42) ou encore -6.7°C à Vichy (03). La journée du 27 avait été considérée comme la plus froide de l’hiver à l'échelle nationale et avait été marquée par de très fortes gelées sur tout le territoire tant bien près de la Méditerranée qu’au centre de la France. La Corse faisait face à d’importantes chutes de neige jusqu’en plaine comme à Ajaccio où on avait relevé 15 cm de poudreuse.

Mais rien d’alarmant car la France est soumise à un climat tempéré qui peut subir des contrastes d'une année à l’autre, surtout en février, un mois qui se situe au carrefour entre la presque fin de l’hiver et le début du printemps. Alors même si ce ciel bleu nous redonne un coup de boost, il faut continuer à prendre la saison pour ce qu’elle est vraiment : l’hiver !

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