Les séismes de forte intensité sont-ils réellement en augmentation dans le monde entier ?

L'analyse des sismologues répond clairement à la question soulevée par la série de puissants séismes qui ont secoué diverses régions du globe ces dernières semaines.

Aujourd'hui, les réseaux sismiques mondiaux enregistrent pratiquement tout, les médias internationaux s'emparent immédiatement de l'information et les réseaux sociaux amplifient la résonance émotionnelle.
Aujourd'hui, les réseaux sismiques mondiaux enregistrent pratiquement tout, les médias internationaux s'emparent immédiatement de l'information et les réseaux sociaux amplifient la résonance émotionnelle.

Chaque fois qu’un séisme puissant frappe une région du globe — comme cela s’est récemment produit au Venezuela, en Colombie et en Indonésie — la même question surgit inévitablement : l’activité sismique mondiale est-elle en augmentation ? C’est une inquiétude compréhensible, alimentée par la rapidité de la diffusion de l’information et par la capacité des réseaux sociaux à amplifier chaque événement.

Toutefois, les données scientifiques — lorsqu’elles sont correctement analysées selon la méthode scientifique — révèlent une réalité bien différente.

Perception et réalité

Jusqu'à il y a quelques décennies, un séisme survenant dans des régions isolées, telles que la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou certaines îles indonésiennes, faisait rarement la une des journaux occidentaux. Aujourd'hui, les réseaux sismiques mondiaux enregistrent pratiquement tout, les médias internationaux relaient immédiatement l'information et les réseaux sociaux amplifient l'impact émotionnel.

À cela s’ajoute la crainte des tsunamis, qui reste vive après les tragédies survenues à Sumatra (2004) et au Japon (2011). Il en résulte une perception faussée d’une « augmentation » de l’activité sismique.

Les sismologues évoquent le biais de récence (la tendance à accorder plus d'importance aux événements récents) et l'illusion de fréquence (l'impression qu'un phénomène devient plus courant simplement parce qu'on en parle davantage). Une analyse rigoureuse des chiffres permet toutefois de dépasser les simples impressions.

Données de l'USGS : aucune tendance à la hausse

L'Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) a examiné le catalogue mondial de l'USGS (United States Geological Survey), considéré comme le plus cohérent et le plus complet pour les magnitudes élevées.

Depuis 1950, date à laquelle les réseaux sismiques mondiaux ont commencé à fonctionner efficacement, le nombre annuel moyen d'événements de magnitude supérieure ou égale à 6 est d'environ 140.
Depuis 1950, date à laquelle les réseaux sismiques mondiaux ont commencé à fonctionner efficacement, le nombre annuel moyen d'événements de magnitude supérieure ou égale à 6 est d'environ 140.

Des séismes de magnitude 6 ou plus sont enregistrés par des stations du monde entier depuis plusieurs décennies.

Depuis 1950, date à laquelle les réseaux sismiques mondiaux ont commencé à fonctionner efficacement, le nombre annuel moyen d'événements de magnitude supérieure ou égale à 6 est d'environ 140.

Certaines années dépassent ce chiffre (le pic a été atteint en 2011 avec 207 séismes, sous l'influence marquée des répliques du séisme majeur survenu au Japon le 11 mars), tandis que d'autres restent en deçà (comme durant la période 1973-1982). Dans l'ensemble, la tendance est essentiellement stable ; on n'observe aucune évolution nette, ni à la hausse ni à la baisse.

Pour les séismes encore plus puissants (magnitude ≥ 7), la moyenne annuelle s'établit à environ 13,9 événements. Là aussi, les fluctuations sont importantes.

Les chiffres varient de seulement 6 à 7 événements certaines années (1986, 1989, 2017) à 20 à 22 d'autres années (1995, 2010, 2011). Ces variations s'inscrivent dans les limites de la variabilité statistique normale.

Que se passe-t-il en 2026 ?

Au 15 août 2026, 89 secousses d'une magnitude égale ou supérieure à 6 ont été enregistrées. Une projection linéaire jusqu'à la fin de l'année (sans garantie de constance du rythme) suggère un total d'environ 133 événements, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne historique. On dénombre 11 événements d'une magnitude égale ou supérieure à 7 ; les projections pour la fin de l'année indiquent un total probable de 16 à 17 — un chiffre supérieur à la moyenne mais bien en deçà des records historiques, et comparable à celui de 2025 (16 événements).

Il convient de noter que les séismes ne suivent pas de cycles précis. Des périodes d'activité accrue alternent naturellement avec des périodes plus calmes. Les variations observées s'inscrivent dans la fourchette des fluctuations autour de la moyenne à long terme.
Il convient de noter que les séismes ne suivent pas de cycles précis. Des périodes d'activité accrue alternent naturellement avec des périodes plus calmes. Les variations observées s'inscrivent dans la fourchette des fluctuations autour de la moyenne à long terme.

Il convient de noter que les séismes ne suivent pas de cycles précis. Des périodes d'activité accrue alternent naturellement avec des périodes plus calmes. Les variations observées s'inscrivent dans les limites des fluctuations autour de la moyenne à long terme. Par conséquent, on n'observe pas d'augmentation significative de l'activité sismique de forte énergie à l'échelle mondiale.

Ce qui a véritablement augmenté, c'est notre capacité à enregistrer, communiquer et débattre de ces événements. La diffusion d'informations en temps réel et la quête de clics faciles contribuent à créer une image déformée de la réalité géologique de la planète. Les chiffres, toutefois, restent clairs.