Le manchot empereur est désormais une espèce classée “en danger”

Le manchot empereur est classé, depuis le 9 avril 2026, “en danger” sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). A cause du réchauffement climatique, l’espèce est particulièrement fragilisée.

Le manchot empereur, désormais "en danger"
Le manchot empereur, désormais "en danger"

Mission Antarctique. C’est sur l'île des Pétrels, en Terre Adélie, que la base française Dumont-d’Urville se trouve. D’ici, les scientifiques peuvent étudier différentes espèces animales, telles que les oiseaux, les mammifères marins et autres superprédateurs. Le manchot empereur, le damier du Cap ou encore, le phoque de Weddell… L’objectif des chercheurs : comprendre ces animaux pour mieux les protéger.

La présence française en Antarctique date des années 50

Amandine Barles est écologue de formation, c’est-à-dire qu’elle observe et étudie la relation entre les êtres vivants et leur environnement. En Terre Adélie, elle a été chargée de récolter un maximum de données liées à un observatoire ornithologique sur place : la reproduction, les éclosions, les capacités de vol… Cet observatoire est pensé pour les oiseaux et les mammifères marins, justement, en Antarctique.

Le manchot empereur est officiellement une espèce “en danger”

La scientifique était responsable de plusieurs espèces d’oiseaux, à la base française.

J'assurais le suivi démographique des populations nicheuses par des dénombrements et des méthodes de suivi individuel, notamment par le baguage des oiseaux. Nous avons aussi étudié certains comportements chez le manchot empereur, son régime alimentaire ou encore la répartition en mer des oiseaux grâce au déploiement de GPS et de GLS

Elle a particulièrement travaillé sur le manchot empereur, le seul animal qui se reproduit durant l'hiver antarctique. Malheureusement, depuis avril 2026, l'Union internationale pour la conservation de la nature a classé, sur sa liste rouge, l’espèce comme étant officiellement “en danger”. En effet, après une forte baisse de couples reproducteurs au début des années 80, le nombre recommence à augmenter, mais doucement.

L'Antarctique, un continent également en danger
L'Antarctique, un continent également en danger

En 2025, Amandine Barles en comptait 5 200. Au milieu des années 70, ce chiffre montait à 6000. Mais alors, quel est le problème, sachant que le nombre augmente ? Le vrai problème, c’est le changement climatique. En effet, un couple ne peut déjà mettre au monde qu’un individu. Individu couvé par le mâle pendant un peu plus de deux mois. Si tout se passe bien, l’éclosion a lieu en hiver et c’est en décembre que les poussins prennent la mer.

Mais pour cela, il est essentiel qu’il y ait la présence d’une couche de glace fixée à la côte. Car si celle-ci fond trop vite, les nouveaux manchots tombent à l’eau sans même être capables de nager et sans leur plumage. Alors, avec la hausse des températures et la fonte des glaces, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi cette espèce est classée comme en danger depuis plusieurs mois maintenant.

Les individus vont être de moins en moins nombreux
Les individus vont être de moins en moins nombreux

L’UICN annonce des projections peu réjouissantes, en affirmant que la population de manchots empereurs serait divisée par deux d’ici 2080. C’est la raison pour laquelle les scientifiques présents recueillent ces données : il en va de la conservation des espèces. Ces informations essentielles contribuent à identifier les zones qui permettent justement la conservation des manchots, mais aussi des autres animaux.

Référence de l'article

Solveig Blakowski. (2026). Coupée du monde : au cœur de l’hiver antarctique, la vie d’une hivernante.