Chaussures, cosmétiques, imperméables… Les polluants éternels sont désormais interdits dans ces produits
Les polluants éternels ont été repérés partout sur la planète. Utilisés depuis 1940, ils sont dans nos chaussures, dans nos poêles ou encore dans nos crèmes de jour. Mais les députés ont décidé de dire stop.

Polluants dans les chaussures. Le gouvernement fait la guerre aux “polluants éternels”. Depuis le 1er janvier, ces derniers sont officiellement interdits dans les vêtements, les chaussures ou encore, les cosmétiques. Désormais, tout ce qui relève de “la fabrication, l'importation, l'exportation et la mise sur le marché” est prohibé, suivant la loi votée par le Parlement, en février 2025. Une loi appuyée par environ 140 000 citoyens, ayant encouragés les députés à approuver l’interdiction.
De nombreuses pièces de vêtements sont concernées
Cependant, il est à noter une exception tolérée d’un an, pour le "délai d'écoulement des stocks" déjà existants, selon le décret publié le 30 décembre au Journal officiel. Mais que sont ces substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) ? Il s’agit d’un groupe, doté d’à peu près 10 000 composés synthétiques. Pourquoi leur faire la guerre ? Parce qu’ils peuvent prendre plusieurs milliers d’années à se dégrader dans la nature. Et le problème, c’est qu’ils sont absolument partout, car utilisés depuis les années 40.
Quels produits font partie de la première salve d’interdictions ?
Des manteaux imperméables aux chaussures de randonnée, les textiles sont particulièrement sujets aux PFAS. Malheureusement, pour la santé et l'environnement, le résultat est catastrophique. C’est pourquoi, d’ici 2030, tous les textiles (toute catégorie confondue) devront se mettre à la page. Le ministère de la Transition écologique précise que, pour “les textiles d'habillement et chaussures incorporant au moins 20% de matière recyclée issue de déchets post-consommation”, l'existence des PFAS est “limitée à la fraction de matière recyclée”. Certains vêtements ne sont pas concernés, car il n’y a rien, pour le moment, aucune solution de remplacement. C’est le cas des textiles à usage médical et ceux destinés à la protection et à la sécurité de la population.
Les cosmétiques font également partie de la première salve. Fond de teint, mascara ou encore crème anti-âge, les produits à appliquer sur la peau font des ravages. Zoé Kerlo, ingénieure toxicologue, explique la raison de l’utilisation des PFAS en cosmétique. “Ce qui est recherché avec les PFAS dans les crèmes anti-âge, ce sont les effets liftés et hydratants, empêchant l'eau de s'évaporer de la peau pour la 'gonfler'”. Ces polluants peuvent être ingérés, inhalés ou encore absorbés par la peau.

Sandra Bell, de l’organisation CHEM Trust, se réjouit de cette nouvelle. “Cette interdiction des PFAS dans des produits comme les vêtements et les cosmétiques est une excellente nouvelle pour les citoyens français inquiets de leur exposition à ces substances nocives”. Cependant, elle déplore les produits oubliés de la liste. “Certains produits clés, comme les ustensiles de cuisson, ont été exemptés”.
Un soulagement partagé par Olivier Ducatillion, président de l'Union des industries textiles, mais dont l’inquiétude est ailleurs. La France étant le premier pays de l’Union Européenne (avant, par exemple, le Portugal et l'Espagne) à adopter cette mesure, il souhaite une politique cohérente de tous les pays européens d’ici l’année prochaine, pour faire face à “une concurrence mondiale de plus en plus agressive”.
Références de l’article :
L'interdiction en France des « polluants éternels » entre en vigueur : ce qui va changer