Le mois d’août est-il vraiment « pourri » au nord ?

Après des mois de juin et de juillet chauds et ensoleillés, la moitié nord a connu un revers en première quinzaine d’août avec le retour des nuages et de la fraîcheur. Mais cette situation est-elle exceptionnelle ?

Guillaume Woznica Guillaume Woznica 22 Août 2019 - 03:50 UTC
À Dinard, le soleil a brillé trois fois moins en août qu'au cours du mois de juillet !
À Dinard, le soleil a brillé trois fois moins en août qu'au cours du mois de juillet !

Des juillettistes qui rient, des aoûtiens qui pleurent… Ceux qui ont choisi comme destination de vacances la Bretagne, la Normandie, la côte d’Opale ou la capitale n’auront pas perçu leur séjour de la même façon s’ils sont partis en juillet ou au cours de la première quinzaine d’août et pour cause : après des records d’ensoleillement et la canicule de fin juillet, les températures sont repassées en dessous des normales de saison de l’Atlantique jusqu’au nord-est tandis que le soleil a joué à cache-cache avec les nuages en perdant régulièrement la partie. Ces deux extrêmes en l’espace de dix jours expliquent le ressenti parfois automnal dans les régions septentrionales alors que les relevés ne sont pas si éloignés que cela des valeurs dignes d’un mois d’août.

Trois fois moins de soleil en août

C’est essentiellement un large quart nord-ouest qui a connu un déficit d’ensoleillement par rapport à la normale calculée sur la période 1981-2010. Ainsi, du 1er au 18 août, il a atteint 25 à 40% en Bretagne, en Normandie et dans les Hauts-de-France. Sur cette période, le soleil n’a brillé que 68 heures à Brest pour une normale de 100 heures, même constat à Rennes, Lorient, Nantes ou encore Caen. En direction du bassin parisien et du Grand Est, la lumière a également manqué mais dans une moindre mesure avec une vingtaine d’heures en moins à Paris et à Nancy. Le déficit reste donc modéré mais tranche nettement avec le cumul d’heures de soleil du mois de juillet qui a atteint un niveau record dans de nombreuses villes septentrionales.

L’exemple le plus flagrant concerne la ville de Dinard où le soleil a brillé trois fois moins du 1er au 17 août avec un cumul de 74 heures - soit -30% par rapport à la norme - que sur la même période en juillet où le total atteignait alors 222h, soit près du double de la moyenne mensuelle. Si la cité balnéaire caracolait alors en tête du classement national des villes les plus ensoleillées de France avec quelque 12h30 de soleil quotidiennes, elle se retrouve en bas de tableau pour ce mois d’août avec moins de 5h de lumière par jour ! Il n’y a qu’en direction de la Méditerranée où le bleu du ciel a très largement dominé, avec plus de 200h d’ensoleillement à Ajaccio, ville la plus ensoleillée de France pour cette fin d’été.

Paris
Il flottait un air de rentrée le week-end dernier à Paris.

Températures dans les normes et pluies irrégulières

Outre le soleil, les thermomètres ont affiché des niveaux bien moins élevés durant la 1ère quinzaine d’août qu’au cours du mois de juillet, sans pour autant s’éloigner réellement des normales de saison. Ainsi, il n’y a véritablement que dans le nord-ouest où elles étaient inférieures, de -1,5°C à Saint-Nazaire ou de -1°C à Saint-Brieuc. En revanche, elles affichaient +0,5°C à Paris, +1°C à Bordeaux et même +2°C à Nancy et Avignon. C’est surtout la baisse brutale à la fin du mois de juillet qui a donné le sentiment d’être directement passé à l’automne, avec des valeurs passant parfois de 40°C à seulement 20°C l’après-midi.

Un sentiment qui a été renforcé par le retour des pluies parfois abondantes, en particulier dans l’ouest et du Pays Basque au nord-est. La pluviométrie normale a été multipliée par deux à Brest, Lorient, Toulouse, Paris, Lyon et même par trois à Saint-Étienne et Pau alors que la sécheresse se poursuivait dans les autres régions.

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