Alimentation et agriculture : comment la France peut-elle concilier élevage intensif et durabilité ?
Quel avenir pour l'élevage intensif en France ? Alors que le nombre d'éleveurs ne cesse de diminuer et que la société est de plus en plus critique, l'Académie d'agriculture de France a tenté, dans une étude, de répondre à la question alors que des solutions durables doivent être apportées.

L'élevage remonte bien loin puisque les premières traces de domestication de certaines plantes et animaux, et le début de l’agriculture et de l’élevage des animaux date du Néolithique, autour de 10 000 av. J.-C. Aujourd'hui, l'élevage est largement intensifié, en France et dans le monde, posant toujours plus de critiques sociétales et écologiques.
Si l'intensification de l'élevage a permis de contribuer au développement des sociétés humaines, « des limites sont apparues progressivement dans les trois piliers de la durabilité (économie, environnement et société) pour un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable, notamment dans le cas des systèmes d’élevage dits "intensifs" », comme le souligne le rapport de l'Académie d'agriculture de France.
Moins d'éleveurs, presque toujours autant de consommateurs
Secteur sous pression, l'élevage intensif ne répond plus aux attentes de la société pour plusieurs raisons. Le développement de l'élevage intensif n'est aujourd'hui, écologiquement, plus soutenable. Il est responsable d’émissions azotées dans l’air et dans l’eau, contribuant à des crises comme celles des algues vertes en Bretagne.
L'impact sur la biodiversité fait aussi partie des principales critiques portées contre l'élevage intensif : des millions d'hectares de forêt détruits pour y faire pousser du soja qui nourrira le bétail, les émissions de gaz à effet de serre et de méthane des bovins, la santé des animaux liée à celle des humains, etc.
Le métier d'éleveur peine à se renouveler
L'image de l'élevage « s’est dégradée dans la société, et des interrogations sont formulées quant à la pertinence et la nécessité du maintien de l’élevage intensif à l’avenir », précise le rapport qui ajoute : « La sensibilité des éleveurs aux critiques concernant la durabilité de leurs exploitations, associée aux difficultés économiques rencontrées, met en danger le renouvellement des générations. »
Alors comment rendre l'élevage plus durable ? Selon le rapport, il faudrait viser une « alimentation animale plus diversifiée, valorisant des cultures de légumineuses » et ainsi limiter les émissions de méthane. « Le développement de ces cultures pour nourrir le bétail favoriserait ainsi la diversification des rotations de l’agriculture tout en accroissant l’autonomie protéique des élevages. »
La consommation de viande en France diminue bien moins vite que la production nationale avec une perte de la qualité des produits. Selon le rapport, il faut des élevages « standards améliorés » pour contribuer à des systèmes alimentaires plus durables et permettre la fourniture de produits animaux à prix abordable, tout en répondant aux enjeux sociétaux concernant le respect des animaux et de la santé des consommateurs.
Références de l'article :
Académie de l'agriculture, Rapport de l'Académie d'agriculture de France : L’élevage intensif en France peut-il être durable ?
The Conversation, L’élevage intensif en France peut‑il être durable ?