Le binge drinking, même occasionnel, présente des effets très rapidement, selon les scientifiques
Boire beaucoup en très peu de temps, sans vraiment se rendre compte des conséquences reste assez courant. Pourtant les scientifiques affirment que, même si la pratique reste occasionnelle, elle a de réelles conséquences sur votre organisme.

Gueule de bois. L’idée d’effectuer une action à outrance se révèle souvent nocive. La meilleure approche reste d’observer une certaine mesure, un certain équilibre dans ce que nous entreprenons. Et c’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de substances qui peuvent se révéler dangereuses pour nous, comme l’alcool. Le phénomène du binge drinking n’est pas si rare et surtout, il est parfois banalisé. Le fait de boire plusieurs verres d’affilée sur un court laps de temps, même si c’est occasionnel, se révèle plus délétère que l’on pourrait penser.
L’intestin, beaucoup plus sensible que l’on pourrait imaginer
Quelques verres entre collègues, après le travail. Un enchaînement de cocktails pendant une soirée entre amis. Plus d’une bouteille de vin lors d’un repas en amoureux… C’est ce que l’on appelle le binge drinking. C’est lorsque l’on évoque une consommation d’alcool excessive en l’espace de très peu de temps. Pour certains, cela reste très occasionnel, pour d’autres, c’est un peu plus routinier. Mais selon les scientifiques, dans les deux cas, l’intestin en subit les conséquences pendant de très longues heures.
Même si c’est occasionnel, le binge drinking présente de lourdes conséquences
« Vingt-quatre heures après [cette] consommation, on observe toujours une réduction considérable des villosités mais elles semblent avoir retrouvé leur structure globale. Quelques-uns des marqueurs inflammatoires restent très élevés » explique Laura Rupprecht, de l'Université de Caroline du Nord. En somme, les conséquences du binge drinking sont toujours bien visibles le lendemain, selon une étude menée en novembre dernier. Leurs observations sont sans appel.
Il semblerait que la longueur des villosités, permettant une absorption des nutriments plus adaptée, diminue. Et cela pose un réel problème pour la santé, comme l’explique le professeur Diego Bohórquez. « L'épithélium est la peau de l'intestin. Quand vous y mettez quelque chose de fort et corrosif comme l'alcool, vous exposez en fait l'intérieur de votre corps ». En somme, l’alcool abîme cette couche protectrice dont nous avons besoin pour protéger l’intestin.

Le problème, c’est que l’intestin est particulièrement sensible. Le moindre petit changement est pris en compte et assimilé très rapidement. Et ce n’est pas toujours une bonne chose, selon la diététicienne Shauna McQueen. « Ce qui est intéressant à propos de l'intestin, c'est que sa composition peut changer assez rapidement. En quelques jours après un changement de votre alimentation, son profil bactérien peut commencer à changer », affirme-t-elle, pour décrire le processus.
Et d’ajouter : « Cela pourrait faire partie d'une réaction totalement normale jusqu'à ce que nous arrivions au stade où l'inflammation est chronique et commence à avoir des conséquences sur la façon dont tout fonctionne [...] Votre corps donnera constamment la priorité à cette inflammation. La charge devient conséquente et d'autres choses finiront par en souffrir ». En conclusion, mieux vaut suivre les recommandations et se limiter à deux verres par jour grand maximum. La meilleure solution étant, bien évidemment, de ne pas boire du tout.
Référence de l’article :
Binge drinking : des effets mesurables sur l’intestin dès les premières heures