Le syndrome de fatigue chronique pourrait venir de nos intestins, selon les scientifiques

La réponse d’une fatigue chronique pourrait bien se cacher dans les intestins, selon les scientifiques. Malheureusement, pour l’instant, le syndrome de fatigue chronique reste méconnu et les connaissances sur le sujet sont limitées.

Les bactéries intestinales, la réponse ?
Les bactéries intestinales, la réponse ?

Fatigue chronique. Troubles gastro-intestinaux, migraines ou encore, douleurs musculaires… Ce sont quelques-uns des symptômes de l’encéphalomyélite myalgique, mais on connaît mieux cette maladie sous le nom de syndrome de fatigue chronique. Ou plus simple encore, sous l’acronyme EM/SFC. Si les experts expliquent que ce syndrome apparaît après avoir subi une infection virale, son mode de fonctionnement demeure aujourd’hui encore une véritable énigme.

Actuellement, cette maladie n’a aucun traitement scientifique

Au fur et à mesure que les études sont faites, les scientifiques complètent leurs connaissances sur cette maladie encore méconnue. Il semble que le microbiome intestinal est au cœur du sujet, puisqu’il pourrait être la raison de l’apparition de cette maladie chronique, particulièrement handicapante au quotidien. Notre système intestinal est, selon la directrice de recherche Suzanne Vernon, « une forêt tropicale très riche et diversifiée » lorsque cette dernière fonctionne normalement.

Une maladie trop méconnue, parfois prise un peu tard

Problème : ces infections virales, lorsqu’elles impactent nos intestins, viennent déséquilibrer l'entièreté de cet écosystème fragile, mais pourtant essentiel. Cependant, grâce aux nombreuses études, les experts commencent à envisager la possibilité d’un traitement futur. D’autant plus que cette maladie a tendance à grossir avec le temps. « En intervenant tôt, nous pourrions empêcher cette boule de neige de grossir », assure Lawrence Purpura, spécialiste des maladies infectieuses.

Mais alors, sur quoi porteraient ces potentiels traitements, sur lesquels les experts se concentrent ? Si les patients atteints de cette maladie depuis un long moment devront probablement avoir un traitement médicamenteux afin de soulager leur système immunitaire, il semble que les probiotiques sont une option des plus plausibles. La scientifique Julia Oh se montre optimiste. « Nous pourrions être en mesure de modifier le microbiome à un stade précoce pour atténuer ou ralentir la progression de la maladie ».

Les scientifiques envisagent une solution
Les scientifiques envisagent une solution

Même son de cloche chez la scientifique Vicky Whittemore, qui semble vouloir pousser les études d’un cran. « Il serait intéressant de mener une étude chez les patients à un stade précoce de la maladie, pour voir si ce type de traitement simple peut aider leurs intestins à retrouver un état proche de la normale ». D’où l’importance de prendre cette maladie à temps. Car, si pour la majorité des patients, l’état de leurs intestins revient à la normale, pour les autres, « la perturbation intestinale s'installe » déclare Suzanne Vernon.

Enfin, un autre facteur qui n’aide pas : le manque de patients diagnostiqués. Un flou médical semble persister. Tamara Romanuk est une patiente, participant au projet Remission Biome, qui est également scientifique et qui teste les compléments bactériens pour aider à créer un traitement. « Il y a des centaines de milliers de patients non diagnostiqués et non traités qui essaient de guérir par leurs propres moyens d'une maladie post-virale grave ».

Référence de l’article :

Fatigue chronique : et si la solution se trouvait dans nos intestins ?