Climat : les cinq prochaines années pourraient battre tous les records de chaleur mondiaux selon l'OMM

Après une année 2024 déjà historique, l'Organisation météorologique mondiale prévient que la période 2026-2030 a de fortes chances d'être marquée par de nouveaux records de température mondiale, avec des dépassements temporaires plus fréquents du seuil de 1,5 °C.

Les prévisions indiquent que la période 2026-2030 pourrait connaître des températures mondiales record.
Les prévisions indiquent que la période 2026-2030 pourrait connaître des températures mondiales record.

Le climat mondial continue de battre des records. Après une année 2024 devenue la plus chaude jamais enregistrée, les scientifiques estiment que cette tendance est loin d’être terminée. Le nouveau rapport annuel à décennal de l' Organisation météorologique mondiale (OMM) , publié le 28 mai 2026, suggère même que plusieurs records pourraient encore être battus d'ici à 2030.

De nouveaux records en vue

Dans sa dernière mise à jour climatique annuelle à décennale, l’OMM prévoit que les températures mondiales resteront à des niveaux exceptionnellement élevés entre 2026 et 2030.

Ces prévisions ont été produites par le Met Office britannique, qui coordonne le centre de référence de l'OMM pour les prévisions climatiques annuelles à décennales. Elles reposent sur les simulations de 13 instituts internationaux, dont quatre grands centres mondiaux de prévision climatique situés en Espagne, au Canada, en Allemagne et au Royaume-Uni.

Les scientifiques soulignent que ce type de prévision présente aujourd'hui un niveau de fiabilité élevé grâce à la qualité des modèles et à leur capacité démontrée à reproduire les évolutions climatiques observées par le passé.

L'influence possible de El Niño

Les chercheurs estiment à 86 % la probabilité qu'au moins une année entre 2026 et 2030 dépasse 2024 et devienne ainsi la nouvelle année la plus chaude jamais enregistrée. Les températures moyennes mondiales devraient se situer entre 1,3 °C et 1,9 °C au-dessus des niveaux préindustriels de 1850-1900, période utilisée comme référence pour mesurer le réchauffement climatique actuel.

Les prévisions de l'OMM pour la période 2026-2030 montrent une forte probabilité de nouveaux records de chaleur mondiaux. Le seuil de 1,5 °C pourrait être dépassé temporairement au cours d'au moins une année, tandis que l'Arctique continuerait de se réchauffer bien plus vite que le reste de la planète.
Les prévisions de l'OMM pour la période 2026-2030 montrent une forte probabilité de nouveaux records de chaleur mondiaux. Le seuil de 1,5 °C pourrait être dépassé temporairement au cours d'au moins une année, tandis que l'Arctique continuerait de se réchauffer bien plus vite que le reste de la planète.

L'un des principaux facteurs susceptibles d'accentuer cette hausse est le retour probable d'El Niño, un phénomène naturel caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique tropical. Les modèles climatiques indiquent une tendance vers des conditions El Niño à partir de la fin de l'année 2026, avec une influence potentiellement marquée en 2027 et 2028.

Pour Leon Hermanson, auteur principal du rapport, cette évolution augmente les chances que 2027 devienne la prochaine année record.

Le seuil de 1,5 °C se rapproche dangereusement

L'autre enseignement majeur du rapport concerne le seuil de 1,5 °C, devenu un symbole de la lutte contre le changement climatique. Selon l'OMM, il existe désormais 91 % de chances qu'au moins une année entre 2026 et 2030 dépasse temporairement ce niveau de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle.

La probabilité que la moyenne de l'ensemble de la période 2026-2030 dépasse elle aussi 1,5 °C atteint désormais 75 %.

Cette information mérite toutefois une précision importante. Les seuils de 1,5 °C et 2 °C inscrits dans l'Accord de Paris concernent le réchauffement moyen observé sur plusieurs décennies, généralement évalué sur une période d'environ vingt ans. Un dépassement temporaire sur une seule année ne signifie donc pas que les objectifs internationaux sont officiellement dépassés.

Une chose est claire : les dépassements ponctuels deviennent de plus en plus fréquents à mesure que la température moyenne mondiale augmente. En 2024, la température de surface mondiale avait déjà atteint environ 1,55 °C au-dessus des niveaux préindustriels.

Une note plus rassurante subsiste néanmoins : la probabilité qu'une année dépasse 2 °C de réchauffement d'ici 2030 reste jugée exceptionnellement faible, inférieure à 1 %.

L'Arctique, laboratoire du réchauffement climatique

Par ailleurs, toutes les régions du monde ne se réchauffent pas au même rythme. L'Arctique continue de faire figure de véritable sentinelle du changement climatique.

Au cours des cinq prochains hivers de l'hémisphère Nord, les températures arctiques devraient être en moyenne 2,8 °C supérieures à celles observées entre 1991 et 2020. Cette anomalie représente plus de 3,5 fois le réchauffement moyen attendu à l'échelle mondiale sur la même période.

Cette hausse accélérée favorise également une diminution continue de la banquise, notamment dans les mers de Barents, de Béring et d'Okhotsk, où les concentrations de glace devraient encore reculer dans les prochaines années.

Des bouleversements du cycle de l'eau déjà visibles

Le rapport met également en évidence des changements attendus dans les régimes de précipitations. Les hautes latitudes de l'hémisphère Nord devraient connaître des conditions plus humides que la normale, tout comme le Sahel, le nord de l'Europe, l'Alaska et certaines régions de Sibérie. À l'inverse, des conditions plus sèches sont attendues dans plusieurs zones subtropicales, notamment dans certaines parties de l'Amazonie.

Les prévisions suggèrent également un retour possible de conditions plus humides en Europe du Sud-Est, après plusieurs années particulièrement sèches, même si les scientifiques soulignent que les incertitudes restent importantes pour cette région.

Ces évolutions sont cohérentes avec ce que les climatologues observent depuis plusieurs décennies : un climat plus chaud intensifie le cycle de l'eau, renforçant les contrastes entre régions humides et régions vulnérables à la sécheresse.

Chaque dixième de degré compte encore

Les cinq prochaines années pourraient voir tomber de nouveaux records de chaleur mondiale. Elles pourraient aussi confirmer que le seuil de 1,5 °C n'est plus un événement exceptionnel mais un niveau que le système climatique approche de plus en plus fréquemment.

Pour autant, les scientifiques rappellent qu'aucun scénario n'est écrit d'avance. Chaque réduction d'émissions de gaz à effet de serre permet de limiter les impacts futurs. Dans un monde qui continue de se réchauffer, chaque dixième de degré évité reste une différence concrète pour les populations, les écosystèmes et les générations à venir.

Référence de l'article

Organisation météorologique mondiale. (2026, 28 mai). New report suggests more global temperature records ahead.

Organisation météorologique mondiale. (2026, 28 mai). Global annual to decadal climate update 2026–2035.