Cette espèce est en danger, car beaucoup pensent qu’elle porte bonheur
Le commerce illégal et le trafic de tortues étoilées d’Inde s’étend dans le monde entier, et particulièrement dans les pays d’Asie. Résultat : cet animal est, depuis 2018, considéré comme une « espèce vulnérable ».

Porte-bonheur. C’est, en tout cas, ce que pensent les acheteurs de tortues étoilées d’Inde. Cet animal, reconnaissable grâce aux formes étoilées de couleur jaune sur sa carapace, apporterait chance et fortune aux propriétaires, suivant le récit de textes hindous. En 2025, pas loin de 4 000 tortues ont été saisies à l’aéroport de Madras, dans le sud de l’Inde, d'après le Times of India. Résultat : l’espèce est considérée comme « vulnérable », selon l’Union internationale pour la conservation de la nature depuis 2018.
Les tortues étoilées d’Inde, un “porte-bonheur” illégal
Neil D’Cruze, de l’association World Animal Protection, s’est penché sur cette espèce. Il explique que ces tortues subissent un stress énorme pendant le voyage. La Thaïlande est l’un des principaux acheteurs de tortues étoilées d’Inde. Emballées, scotchées, puis entassées dans de grosses valises, les tortues voient leurs carapaces subirent de nombreuses lésions et, pour les plus fragiles d’entre elles, finirent leur vie dans ces sacs. Un véritable acte de cruauté animale.
Un commerce qui marche, notamment en Asie
« Cette espèce de tortues continue d’être considérée comme l’une des plus saisies dans le monde. Il est important de noter qu’indépendamment du fait qu’il y ait mille ou cent animaux dans une cargaison, ce commerce inflige à chaque tortue concernée un acte particulièrement cruel », déclare Neil D’Cruze. Pour aider à la préservation de cette espèce, il souhaiterait que les pays de destination, comme la Thaïlande, mais aussi la Malaisie ou encore, l’Indonésie, fassent voter des lois en vue de protéger ces tortues.
Même son de cloche pour Chris Shepherd de Monitor, qui lutte contre le trafic d’espèces. Lui aussi s’inquiète de ce commerce illégal et qui ne semble pas cesser. « Je pense que ce commerce décime l’espèce en continu, et davantage devrait être fait pour surveiller les prix, les itinéraires et les quantités. Mais au bout du compte, il n’y a que deux choses que l’on puisse faire réellement : les consommateurs doivent arrêter d’acheter ces choses, et les agences de maintien de l’ordre placées à des endroits cruciaux sur cette route commerciale doivent faire leur travail. »

Pourtant, cette espèce est censée être protégée en Inde, mais aussi au Pakistan et au Sri Lanka, à partir du moment où elles sont trouvées dans la nature. Et ce, depuis 2019. Malheureusement, nombreux sont ceux qui sont prêts à mettre le prix pour faire de cet animal soi-disant porte-bonheur, leur animal de compagnie. Une situation terrible pour ce reptile, qui n’a strictement rien à faire en captivité. Les conséquences d’un tel mode de vie et d’un tel stress se constatent d’ailleurs sur sa carapace.
« La plupart de ces animaux, à moins qu’on les garde dans de grandes cours ou dans des fermes où elles peuvent se nourrir par elles-mêmes, ont souvent tendance à présenter une carapace déformée », affirme Neil D’Cruze. Il appelle les autorités concernées à modifier les lois, afin de protéger durablement cette espèce.
Références de l’article :
Ces tortues sont en danger... parce qu’elles sont censées porter bonheur