Certains animaux auraient des facultés plus développées que ce que l’on imagine, selon les chercheurs
Après les êtres humains et les primates, c’est au tour des vaches de faire montre de leurs capacités cognitives. En Autriche, des chercheurs se penchent sur la question des facultés intellectuelles chez les animaux.

Capacité cognitive. De nombreuses études sont menées chez les êtres humains pour évaluer les capacités cognitives selon l’âge, le sexe, l’hygiène de vie… Une question d’autant plus importante à l’heure des réseaux sociaux, du scroll infini ou encore, du temps d’écran inquiétant des plus jeunes. Mais qu’en est-il des animaux ? La question de leur sensibilité et de leurs capacités intellectuelles est également posée, bien que les recherches ne soient pas aussi nombreuses que celles effectuées pour les humains.
L’une de ces capacités cognitives, c’est la dextérité
Et si plusieurs espèces animales étaient en mesure d’avoir une réflexion, de prendre une décision et d’effectuer une action qui, généralement, est exclusivement attribuée à l’être humain. Pour l’instant, selon les études, c’est la seule espèce vivante, avec les primates, qui montre de telles capacités cognitives. Il se pourrait bien que cela change d’ici peu. En effet, deux chercheurs de l'université de médecine vétérinaire de Vienne, en Autriche, Alice Auersperg et Antonio Osuna Mascaro, ont mené une étude à ce sujet.
Les animaux d'élevage, bridés par des conditions de vie compliquées
Publiée le 19 janvier dans la revue américaine Current Biology, l’étude révèle que Veronika, une vache de 13 ans, montre une capacité complète à prendre un un balai-brosse grâce à sa langue et à l’utiliser pour gratter différentes parties de son corps. “Un comportement comparable n'a été documenté de manière systématique que chez les chimpanzés”, affirment les chercheurs. Un comportement qui tend à prouver que plusieurs animaux pourraient être dotés de bien plus de facultés que l’on imagine.
Plus étonnant encore, Veronika semble réfléchir à la manière même d’utiliser l’objet. “Le comportement de Veronika est allé au-delà des prédictions, révélant une grande polyvalence, de l'anticipation et un ciblage moteur fin. De manière inattendue et particulièrement révélatrice, l'extrémité de l'outil utilisée dépendait fortement de la région corporelle : elle utilisait majoritairement l'extrémité à poils pour se gratter le haut du corps et l'extrémité en bâton pour les zones inférieures”, détaillent les scientifiques.

En somme, Veronika n’a pas utilisé le balai au hasard. Pour chaque endroit, elle a soit utilisé la partie avec les poils, soit utilisé l'extrémité du manche. Les scientifiques précisent qu’elle a conservé “une prise cohérente et efficace” du balai dans sa bouche. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de l’éléphante d'Asie Mary, capable de se servir d’un tuyau d'arrosage. Ce comportement prouve que ces animaux sont capables d’un “usage flexible et dépendant du contexte de l'outil”, décrivent les chercheurs.
La raison pour laquelle ces comportements ne sont pas plus fréquents résulte du fait que ces animaux d’élevage ne peuvent pas profiter pleinement de leurs facultés à cause de leurs conditions de vie. “Les possibilités d'exprimer des comportements orientés vers l'utilisation d'outils sont probablement limitées par (...) de nombreux systèmes d'élevage, qui offrent rarement des objets permettant de telles actions” déplorent les scientifiques. Veronika est une vache de race braunvieh suisse et profite d’une vie paisible et libre dans les Alpes autrichiennes. Elle peut donc s’exprimer et utiliser toutes ces capacités intellectuelles.