Plus de 40° C en septembre : les fortes chaleurs s'attardent davantage en France

40,3 °C à Lavaur le 6 septembre : la France vient de battre son record national pour un mois de septembre. Si les chaleurs tardives ne sont pas nouvelles, leur intensité change avec le réchauffement climatique. Jusqu’où la saison chaude peut-elle s’étendre ?

Météo-France rappelle que les épisodes de chaleur tardifs ne sont pas rares en septembre.
Météo-France rappelle que les épisodes de chaleur tardifs ne sont pas rares en septembre.

Du 3 au 8 septembre 2026, la France a connu un épisode de fortes chaleurs particulièrement remarquable pour la saison. La hausse des températures, d’abord observée sur une grande partie du pays, s’est accentuée dans la moitié sud. Au plus fort de l’épisode, sept départements méditerranéens ont été placés en vigilance orange canicule.

Un mois de septembre aux allures de plein été

En considérant la moyenne nationale, les températures ont dépassé les normales de 4 à 5 °C. Dans le Sud, les maximales ont fréquemment franchi 35 °C, avec des écarts de 5 à 10 °C aux normales en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le 6 septembre, la température maximale moyenne sur le pays a atteint 32 °C, un niveau très élevé pour un début d’automne météorologique.

Le record national est tombé à Lavaur, dans le Tarn : 40,3 °C le 6 septembre, contre 40,2 °C à Pissos en 2022, précédent record pour un mois de septembre. De nombreuses stations ont également battu leur record mensuel, certaines disposant de séries de mesures de plus de 70 ans : 39,4 °C à Perpignan, 39,2 °C à Albi, 38,2 °C à Nîmes-Courbessac et 37,9 °C à Toulouse.

Une météo particulière dans un climat qui se réchauffe

Cette chaleur de septembre possède d’abord une explication météorologique. Une masse d’air subtropical particulièrement chaude est remontée vers la France dans un contexte anticyclonique. Le soleil, encore relativement puissant en début de mois, a favorisé la hausse des températures.

Toutefois, cela ne suffit pas à déterminer pourquoi de tels niveaux deviennent plus faciles à atteindre. Météo-France rappelle que les épisodes de chaleur en septembre ne sont pas nouveaux. Leur fréquence et leur intensité sont cependant amplifiées par le réchauffement climatique. En 2026, la sécheresse des sols superficiels a également contribué à accentuer les températures.

La comparaison avec les années précédentes permet de replacer cet épisode dans son contexte. En 2020, la France avait connu une période de chaleur remarquable du 11 au 19 septembre, avec 33,4 °C pour l’indicateur thermique national le 14 septembre. En 2023, septembre est devenu le mois le plus chaud depuis le début des mesures en 1900, avec une anomalie de +3,6 °C. Lors de l’épisode du 3 au 11 septembre, la température maximale moyenne nationale avait atteint 33,1 °C le 9 septembre.

Une saison des fortes chaleurs qui s'étire

Ces épisodes ne signifient pas que chaque mois de septembre sera désormais caniculaire. Ils illustrent plutôt une évolution du contexte climatique dans lequel se produisent les situations météorologiques chaudes. Selon Météo-France, les épisodes de chaleur tardifs de septembre, comme ceux qui surviennent précocement en mai, présentent désormais des températures amplifiées par le réchauffement climatique.

Depuis 1947, 54 vagues de chaleur ont été recensées en France, dont plus de la moitié depuis 2010. Ces épisodes peuvent désormais survenir à différents moments de la saison, avec des situations chaudes observées plus tôt au printemps comme plus tard après le cœur de l’été. Les projections climatiques de Météo-France indiquent qu’à l’horizon du milieu du siècle, les vagues de chaleur pourraient être deux fois plus nombreuses qu'au cours de la période 1976-2005.

L'épisode de septembre 2026 intervient en outre après un été particulièrement chaud. Selon le bilan de Météo-France, l’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec une température moyenne de 24,0 °C, soit +3,6 °C par rapport aux normales, et 53 jours de vague de chaleur.

Des nuits qui ne laissent pas toujours le temps de récupérer

La chaleur ne se résume pas aux températures maximales. Dans la nuit du 5 au 6 septembre, le thermomètre n’est pas descendu sous 23,6 °C à Nîmes-Garons, 23,1 °C à Orange et 22,9 °C à Avignon. À Bordeaux-Mérignac, la minimale a atteint 22,4 °C.

Ces nuits chaudes comptent particulièrement pour la santé. Lorsque la température reste élevée pendant plusieurs heures, l’organisme dispose de moins de temps pour évacuer la chaleur accumulée durant la journée. La fatigue et les difficultés de récupération peuvent alors s’accentuer, notamment chez les personnes les plus vulnérables.

...alors que la chaleur n'en finit pas

L’anticyclone doit se renforcer dès ce week-end, avec une nouvelle hausse des températures. Les 30 °C seront régulièrement dépassés dimanche dans le Sud-Ouest, tandis que des pointes de 32 à 33 °C sont possibles entre le Languedoc et l’ouest de la Provence.

La chaleur devrait ensuite gagner progressivement l’ouest et le nord du pays. À ce stade, aucun rafraîchissement généralisé n’est envisagé avant la fin septembre, et certains scénarios prévoient même une nouvelle hausse dans les derniers jours du mois. Le calendrier avance vers l’automne, mais 2026 pourrait encore réserver plusieurs journées très chaudes à la France.

Cette parenthèse plus fraîche sera donc de courte durée. Le réchauffement ne supprime pas les saisons : il modifie les conditions dans lesquelles elles se déroulent, en favorisant notamment des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses.

Référence de l'article

Météo-France. (2026). Épisode de fortes chaleurs remarquable pour un mois de septembre.