Où partir en roadtrip en cette saison ?

Avril est le bon mois pour respirer l'air atlantique, prendre quelques embruns et les premiers bains de mer glacés, histoire de se remettre en forme. En van ou en voiture classique, on file sur la cote basque et on découvre la partie espagnole grâce à un itinéraire en huit étapes.

Les vignes dominant la mer à Getaria.
Les vignes dominant la mer à Getaria.

Non loin de la frontière, la partie littorale du Pays basque espagnol se découvre en suivant la ligne escarpée que dessine la mer Cantabrique. Elle offre des paysages abrupts de vagues galopantes, des belvédères juchés sur des falaises vertigineuses, des cités vibrantes où la culture s’épanouit et une gastronomie aussi typée que généreuse. En amoureux ou en famille, les 170 km qui séparent Hondarribia de Bilbao se parcourent facilement en van ou en véhicule de tourisme.

Étape 1 : maisons colorées et balcons fleuris à Fontarabie

Le fleuve Bidassoa marque la frontière naturelle entre Hendaye, dans le Pays basque français, et Fontarabie (Hondarribia), situé sur sa rive gauche. Cette petite localité conserve le charme d’une cité médiévale fortifiée, dévoilant un ravissant centre historique parcouru de ruelles pavées. Toutes se rejoignent sur la Plaza de Armas, bordée de maisons nobles aux balcons en fer forgé. à galeries colorées et balcons fleuris.

De son patrimoine on relève le château de Charles Quint, où séjourna l’empereur - aujourd’hui hôtel Parador national de tourisme –, et le château de San Telmo, chargé de protéger l’estuaire de la Bidassoa des attaques des pirates, secondé par une bonne poignée de tours et de fortins. Mais ce sont les pittoresques maisons colorées et leurs jolis balcons en bois fleuris, dans le quartier de la Marina, qui constituent l’image la plus typique de Fontarabie.

De Hondarribia à San Sebastian, prenez la route qui longe le bord de mer. Elle serpente sur les hauteurs et offre de superbes points de vue. On y croise des moutons et des pottoks, ces chevaux typiques du pays basque.

Étape 2 : esprit Belle Epoque à Saint-Sébastien (Donostia)

Chic et festive, la station balnéaire des rois - c’est la reine María Cristina qui mit la capitale de Guipúzcoa à la mode à la fin du XIXe siècle - continue de séduire. Les édifices emblématiques de la Belle Époque, comme le Grand Casino – aujourd’hui siège de l’Hôtel de Ville -, le théâtre Victoria Eugenia, la gare du funiculaire ou l’hôtel María Cristina furent témoins de l’arrivée des premiers touristes à la plage de La Concha.

On se promène sur le front de mer bordé de villas et de curiosités comme les deux imposantes horloges qui marquent le milieu de la promenade, les luminaires et la balustrade qui sépare la promenade de la plage.

Adulée des gourmands du monde entier, Saint-Sébastien est devenue la capitale gastronomique du Pays basque, notamment pour ses pintxos (tapas plantés sur un pic) que l'on déguste dans la Vieille Ville.

Étape 3 : plaisirs balnéaires à Zarautz

À seulement 20 km de Donostia, cette station balnéaire s’enorgueillit de posséder la plus longue plage de la région : pas moins de 2,5 km de sable doré ! Ses vagues attirent depuis des décennies des surfeurs du monde entier, qui se retrouvent ici chaque année pour la compétition internationale Pro Zarautz, réservée aux professionnels. Empruntez l’agréable promenade littorale jusqu’à Getaria, la localité voisine, berceau de Juan Sebastián Elcano, premier navigateur à avoir fait le tour du monde. Le centre ancien de Zarautz, aux rues pavées et vénérables maisons, mérite un détour pour son église de Santa Maria la Real et son marché couvert.

Étape 4 : pêche miraculeuse à Getaria

Port de pêche attachant, Getaria est cerné par les falaises et les roches. On s’engouffre avec plaisir dans ses rues pittoresques qui restent animées en toute saison. Mais la ville est surtout le lieu idéal pour goûter à la pêche locale (thon, turbot, lotte, anchois, sardines…). En guise de souvenir, on fait le plein de conserves de poisson ou de vin de txakoli, dont les vignobles colonisent les alentours. Reste encore à voir le passionnant Cristóbal Balenciaga Museoa, qui revient sur le travail du plus grand couturier espagnol.

Étape 5 : sur la route du Flysch à Zumaia

Ce port discret situé à l’embouchure du fleuve Urola recèle quelques bâtiments ou monuments intéressants comme les palais Zumaia, Ubillos et Foronda, la maison d’Olazabal ou le couvent San José. Mais si on fait étape par ici, c’est surtout pour admirer les paysages naturels grandioses de la côte sauvage, incluse en partie dans le Géoparc de la Côte basque, inscrit au patrimoine de l'Unesco.

Il faut rejoindre la plage d’Izurun pour découvrir le phénomène du Flysch de Biscaye, d’étranges formations rocheuses aux strates verticales faisant émerger de hautes falaises plissées qui se détachent sur fond de collines verdoyantes. Le paysage était déjà fascinant bien avant que des dragons imaginaires survolent les falaises dans la série « Game of Thrones ».

Étape 6 : les déferlantes de Mundaka

On vient du monde entier pour la « gauche » de Mundaka, une vague mythique considérée comme l’une des plus longues du monde. Mais avant d'atteindre Mundaka, on peut faire un détour par Guernica, jolie petite ville riche en Histoire. À défaut de surfer, on peut se baigner dans les eaux plus paisibles de la plage de Laidatxu, située de l’autre côté de la baie et accessible en bateau.

Le village de pêcheur de Mundaka.
Le village de pêcheur de Mundaka.

Depuis le petit port, protégé par une digue et bordé de maisons de pêcheurs, un sentier file doucement le long de la ria, ponctuée d’ermitages.

Étape 7 : contre vents et marées à Gaztelugatxe

C’est l’un des sites emblématiques de cette côte battue par les vagues : un ermitage dont la fondation remonte au XIe siècle. Fouetté par les assauts de l’océan, contre vents et marées, le petit sanctuaire habité depuis le XIIe siècle par des moines a été plusieurs fois reconstruit suite à des incendies et des attaques de pirates. Planté sur une presqu’île, on y accède par un pont de pierre et un escalier tortueux de 241 marches (sur réservation). La tradition veut que l’on marche sur l’ « empreinte » laissée par saint Jean-Baptiste lui-même pour attirer la chance et que l’on touche trois fois la cloche de la chapelle pour éloigner les mauvais présages.

San Juan de Gaztelugatxe, site emblématique de la cote basque espagnole.
San Juan de Gaztelugatxe, site emblématique de la cote basque espagnole.

Si le temps le permet, on peut profiter des plages de part et d’autre du site. Sinon, on poursuit jusqu'à la plage de Barrikako, une plage de galets accessible par un escalier. Au soleil couchant, le paysage est sublime.

Étape 8 : l’art et la matière à Bilbao

Autrefois très industrielle, la plus grande ville de la région a vu son destin changer avec l’ouverture du musée Guggenheim, vaisseau en verre et en plaques de titane dessiné par Frank Gehry. Son architecture et ses collections d’art moderne ou contemporain attirent les foules. Dans le quartier de l’Ensanche, le musée des Beaux-Arts réserve de belles surprises aux amateurs de peinture plus classique.

Pour se restaurer, le marché couvert Ribeira (Erribera Merkatua) permet de déguster des pintxos à tout moment de la journée. Enfin, dans le Casco Viejo, cœur historique où les bars à tapas jouent à touche-touche, arpentez les « Siete Calles », sept rues piétonnes parallèles bordées de maisons aux façades colorées et ornées de balcons en fer forgé et de portes en bois sculptées.

Référence

Roadtrip atlantique sur la côte basque espagnole, d’Hondarribia à Bilbao, Jean Tiffon, le 12 avril 2026