Explosion de la fusée New Glenn : le retour de l'Homme sur la Lune encore repoussé ?

L'explosion spectaculaire de la fusée New Glenn de Blue Origin pourrait bien retarder une nouvelle-fois la mission Artemis de la Nasa, et donc le retour des américains sur notre satellite naturel.

La fusée New Glenn a explosé sur le pas de tir n°36 de Cap Canaveral le 28 mai dernier
La fusée New Glenn a explosé sur le pas de tir n°36 de Cap Canaveral le 28 mai dernier

La fusée New Glenn de l'entreprise américaine Blue Origin a explosé la semaine dernière lors d'un essai au sol, ce qui pourrait être lourd de conséquences pour la mission Artemis et la Nasa.

Une explosion spectaculaire

Ce jeudi 28 mai, l'entreprise américaine Blue Origin fondée par Jeff Bezos, avait pour objectif de réaliser un « static fire » de sa fusée New Glenn, autrement dit un test de mise à feu des moteurs sans décollage. Ce test permet de simuler un compte à rebours réel, validant ainsi plusieurs étapes clés avant un véritable décollage.

Or, ce test a rapidement pris fin vers 21 heures heure locale lorsque la fusée a subitement pris feu avant d'exploser au moment de l'allumage de ses moteurs BE-4, produisant une imposante et impressionnante boule de feu englobant tout le pas de tir.

Comme on peut s'en douter en voyant les image, la fusée a été entièrement détruite et les infrastructures de lancement ont subi des dégâts importants lors de l'incident. Bien heureusement, aucune personne n'a été blessée lors de cette impressionnante explosion comme l'a rapidement annoncé Jeff Bezos.

D'importantes conséquences pour la Nasa

Si ce test visait à préparer la mission NG-4 prévue pour début juin, qui visait à mettre en orbite 48 satellites de la constellation Amazon Leo, la New Glenn avait également un rôle majeur dans le programme Artemis de la Nasa.

Blue Origin avait en effet repris le flambeau de Space X pour les missions Artémis 3 et 4 car l'entreprise d'Elon Musk prenait trop de retard avec son Starship. Ainsi, la New Glenn avait finalement été choisie pour envoyer les « Blue Moon » déposer du matériel sur la Lune. La fusée devait d'ailleurs effectuer un premier vol de démonstration à la fin de l'année 2026 avec le Blue Moon Mk1.

Cette explosion est donc lourde de conséquences pour Blue Origin et pour la Nasa, celle-ci faisant en plus suite à la perte d'un satellite dans l'espace suite à un lancement avec la fusée New Glenn au mois d'avril dernier. L'incident a en plus fortement endommagé le pas de tir n°36 de Cap Canaveral en Floride, le seul qui était capable d'accueillir la fusée de Blue Origin.

De ce fait, le départ d'Artémis 3, qui avait pour objectif un rendez-vous en orbite terrestre entre la capsule Orion (lancée par la fusée Space Launch System) et le ou les atterrisseurs Blue Moon (lancés par New Glenn) du programme Artemis pourrait être repoussé, ce qui pourrait chambouler tout le calendrier de la mission Artemis. Si le retour sur la Lune était prévu en 2028 pour les astronautes, l'échéance pourrait donc être elle aussi reportée suite à cette explosion spectaculaire.

L'inquiétude pour l'agence spatiale américaine est maintenant de se faire devancer par la Chine. En effet, les Chinois avaient prévu un retour de leurs astronautes sur la Lune pour 2029, ce qui coïnciderait avec les 80 ans de la Révolution.

Un nouveau report de la mission Artémis 4 pourrait donc limiter les chances pour la Nasa de devancer leurs concurrents, d'autant que les Chinois ont accéléré le développement de leur mission lunaire lorsque les américains avaient fixé leur date de retour sur notre satellite naturel pour 2028.

Référence de l'article :

Espace : Après l’explosion de la fusée New Glenn, quelles conséquences pour Artémis et la Nasa ?, 20 minutes (19/05/2026), Romain le Dourneuf