La terraformation de Mars sera-t-elle vraiment réalisable un jour ?

Un chercheur de la Nasa a récemment étudié la faisabilité d'une terraformation de la planète Mars, autrement dit le fait de rendre notre voisine habitable de façon similaire à la Terre. Ses conclusions sont loin d'être encourageantes.

Pourrons-nous un jour rendre la planète Mars habitable pour l'Homme et pour d'autres êtres vivants ?
Pourrons-nous un jour rendre la planète Mars habitable pour l'Homme et pour d'autres êtres vivants ?

Il est maintenant admis par la majorité des scientifiques que la planète Mars a pu connaître dans un lointain passé des conditions similaires à la Terre. Néanmoins, cette planète est aujourd'hui inerte, réunissant des conditions bien loin d'être favorables à la vie. Certains chercheurs ont ainsi émis l'hypothèse d'une future terraformation de la planète avec des méthodes qui, sur le papier, semblent réalisables. Mais est-ce vraiment le cas ?

Une planète Mars habitable ?

Un chercheur du Jet Propulsion Laboratory a étudié de nombreuses théories sur le sujet afin de savoir si la terraformation martienne était idyllique ou non. Celui-ci a ensuite publié ses résultats dans la revue arXiv, résultats qui sont loin de satisfaire les plus ambitieux pour l'avenir de la planète rouge.

En effet, selon le scientifique, ce n'est pas la physique qui coince, la plupart des solutions avancées pour obtenir une planète Mars habitable par l'Homme étant en théorie réalisables, mais bien l'échelle industrielle. Selon lui, ces solutions relèvent effectivement de la science-fiction plutôt que de la science, notamment avec nos technologies actuelles.

De très (trop) nombreuses contraintes

Déjà, pour rendre Mars habitable, il sera nécessaire de s'attaquer à la pression atmosphérique, qui est actuellement si faible que notre sang et notre salive bouilliraient instantanément à température corporelle. Pour que ce problème soit réglé, il serait nécessaire d'injecter environ 3,89x1015 kg de gaz dans l'atmosphère martienne, une masse équivalente à Déimos, l'une des deux lunes de Mars.

Pour que l'atmosphère devienne respirable, il faudrait importer l'équivalent de la masse de Janus en gaz sur la planète, une lune de 180 km de diamètre gravitant autour de Saturne, 1000 fois plus massive que Déimos. Autant dire que nous ne sommes pas près d'avoir la technologie nécessaire pour ce type de chantier astronomique, sans mauvais jeu de mot.

Cela ne réglerait en plus pas le problème de la température moyenne de la planète rouge, qui s'élève actuellement à -63°C, contre 15°C pour la Terre. L'une des solutions proposées consisterait à placer des miroirs géants en orbite autour de la planète rouge pour concentrer la lumière solaire sur les pôles, ce qui permettrait d'augmenter la température moyenne de Mars au-dessus de 0°C.

Or, selon les calculs du scientifique de la Nasa, il faudrait environ 70 millions de kilomètres carrés de miroirs, soit 4 fois la surface de la Russie ! Autant dire que ce projet est là aussi loin d'être réalisable.

Si ces trois exemples permettent déjà de se rendre compte de impossibilité de la tâche, celle-ci est encore plus flagrante en abordant le problème de l'énergie. Afin de produire l'oxygène nécessaire pour rendre Mars habitable par électrolyse de l'eau, il faudrait une puissance continue de 380 térawatts sur une période de 1 000 ans.

Il serait donc nécessaire de construire, entretenir et alimenter une infrastructure industrielle capable de produire vingt fois plus d'énergie que ce que nous sommes capables de produire aujourd'hui sur Terre, et ce à 346 millions de kilomètres de notre planète bleue durant au moins 1 000 ans. Et cette quantité d'énergie ne prend pas en compte celle nécessaire pour les autres technologie indispensables à la terraformation de la planète rouge.

Une solution alternative ?

Vous l'aurez compris, terraformer la planète Mars relève donc de la science-fiction. Néanmoins, cela ne veut pas dire que tout est perdu pour la planète rouge. Selon le chercheur de la Nasa, si la terraformation globale n'est clairement pas réalisable, le développement de structures locales est bien plus envisageable.

L'idée serait ainsi de mettre en place des sortes « d'îlots habitables », prenant la forme d'immenses dômes pressurisés où nous pourrions développer de véritables villes martiennes, connectées entre-elles par des voies de circulations protégées. Cette solution paraît aujourd'hui bien plus réaliste d'après les calculs du scientifique, et ce dans un avenir qui ne serait pas si éloigné.

Il serait de toute façon plus judicieux de commencer ce type de terraformation, nommé « paraterraforming », à une échelle restant raisonnable, plutôt que de vouloir entreprendre un projet bien trop ambitieux, énergivore et qui ne serait de toute façon pas réalisable avec notre technologique actuelle.

Référence de l'article :

Terraformer Mars : le rêve d'Elon Musk est un “cauchemar” industriel selon la Nasa, Les Numériques (10/03/2026), Brice Haziza

Terraforming Mars: Mass, Forcing, and Industrial Throughput Constraints, ArXiv (28/02/2026), Slava G. Turyshev