Les moustiques sont comme nous et souffrent de la chaleur et de la sécheresse

En ce moment, et depuis quelques semaines, alors qu'ils auraient dû gâcher une partie de nos vacances, les moustiques sont aux abonnées absents. Comment est-ce possible et surtout, vont-ils revenir ?

Le moustique tigre est désormais présent dans toute la France métropolitaine.
Le moustique tigre est désormais présent dans toute la France métropolitaine.

Habituellement, ils sont là, on les entend, on peut les voir mais on ne les sent jamais se poser sur nous pour nous piquer et sucer notre sang. Par contre, une fois la piqûre faite, on les ressent et l'envie de se gratter est bien présente ! Je parle bien sûr des moustiques ! Un fléau en été qui peuvent transformer nos vacances en cauchemar.

Sauf que cette année, vous l'aurez peut-être remarqué vous-même, ces petits nuisibles volants ne sont pas très présents sur le territoire. Dans de nombreuses régions françaises, les soirées en terrasse ou les repas dans le jardin semblent étonnamment calmes.

Ils souffrent de la chaleur et de la sécheresse aussi !

Contrairement aux idées reçues, les moustiques ne prolifèrent pas lorsque les températures deviennent excessives et que la sécheresse s'installe. En effet, ils sont souvent associés à la chaleur car ils prolifèrent en été. Mais, comme de nombreux êtres vivants, ces insectes souffrent eux aussi des épisodes de chaleur extrême.

Comment est-ce possible, est-ce normal et surtout, la question que tout le monde se pose : vont-ils revenir ? Car bon nombre d'entre nous ne sont pas encore partis en vacances et espèrent profiter de l'absence des moustiques.

Comme nous, ils aiment la chaleur modérée

Les moustiques apprécient la chaleur... mais pas les températures extrêmes. Leur activité augmente lorsque les températures sont douces à chaudes, ce qui accélère leur développement et leur reproduction. En revanche, au-delà d'un certain seuil – généralement situé autour de 35 °C selon les espèces –, leur organisme est mis à rude épreuve.

Les différentes espèces de moustiques ne sont pas égales face aux conditions météo.
Les différentes espèces de moustiques ne sont pas égales face aux conditions météo.

Ils se déshydratent plus rapidement, réduisent leurs déplacements et se réfugient dans les endroits les plus frais et les plus humides afin de limiter les pertes en eau. Plusieurs études montrent que les vagues de chaleur prolongées peuvent également diminuer leur espérance de vie et réduire leur capacité à se reproduire.

Ils ont besoin d'eau pour se reproduire

Mais leur principal ennemi reste le manque d'eau. Tous les moustiques passent par un stade aquatique : les femelles pondent leurs œufs dans ou à proximité d'une eau stagnante, où les larves se développent avant de devenir adultes.

Lorsque les mares s'assèchent, que les fossés disparaissent ou que les flaques s'évaporent rapidement sous l'effet de la chaleur, leur cycle de reproduction est fortement perturbé. Les épisodes de sécheresse observés ces dernières semaines dans une grande partie de la France limitent donc naturellement la prolifération de nombreuses espèces de moustiques.

L'Anses rappelle d'ailleurs que sans eau stagnante, les larves ne peuvent tout simplement pas se développer. C'est d'ailleurs pour cette raison que lors d'épidémie de maladies transmises par le moustique (type dengue, zika, chikungunya) les autorités sanitaires demandes aux administrés de faire attention aux eaux stagnantes dans leur jardin.

Le moustique tigre est tenace !

Toutes les espèces ne sont cependant pas logées à la même enseigne. Le moustique tigre (Aedes albopictus), désormais installé dans la majorité des départements français, s'adapte beaucoup mieux aux environnements urbains que les espèces sauvages.

De nombreux moustiques peuvent se reproduire dans une toute petite flaque d'eau comme ici dans cette coupelle.
De nombreux moustiques peuvent se reproduire dans une toute petite flaque d'eau comme ici dans cette coupelle.

Quelques centimètres d'eau suffisent à assurer son développement : une coupelle sous un pot de fleurs, un arrosoir oublié, une gouttière mal entretenue ou un récupérateur d'eau de pluie peuvent devenir des sites de ponte. Même en période sèche, ces petits réservoirs artificiels lui permettent de poursuivre son cycle de vie.

Vers le retour des moustiques ?

Cette baisse de leur présence pourrait donc n'être que temporaire. Certaines espèces pondent des œufs capables de résister plusieurs mois à la sécheresse. Dès le retour des pluies, ces œufs éclosent rapidement et les larves profitent des températures encore élevées pour se développer en seulement quelques jours.

C'est pourquoi une longue période de calme peut parfois être suivie d'une brusque explosion des populations après une série d'orages estivaux ou un épisode pluvieux, même une petite averse peut aider à leur prolifération.

La chaleur modifie aussi leur comportement. Pendant les journées caniculaires, les moustiques deviennent beaucoup moins actifs durant les heures les plus chaudes afin d'éviter la déshydratation.

Ils privilégient le lever du jour, le crépuscule ou la nuit, lorsque les températures baissent légèrement et que l'humidité de l'air augmente. Cette adaptation explique pourquoi beaucoup de personnes ont le sentiment qu'ils ont disparu, alors qu'ils ont simplement changé leurs horaires d'activité.

Les moustiques mis en danger par le réchauffement climatique ?

Le changement climatique rend enfin leur évolution plus difficile à prévoir. Si le réchauffement favorise l'installation durable d'espèces comme le moustique tigre dans de nouvelles régions, l'alternance de sécheresses sévères, de canicules et de pluies orageuses modifie profondément leur dynamique.

Les scientifiques estiment aujourd'hui que ce sont autant les précipitations que les températures qui déterminent l'abondance des moustiques. Une période très sèche peut donc freiner leur développement... avant qu'un simple retour de la pluie ne relance rapidement leur reproduction.

Référence de l'article

ANSES. (04/07/2025). Le moustique tigre.