Sécheresse agricole : des restrictions d’eau déjà en place !

Si les pluies ont signé leur retour cette semaine dans le sud, ailleurs, le déficit de pluie reste déjà inquiétant pour les cultures. Des restrictions d'eau ont déjà été mises en place dans certains départements.

La sécheresse est déjà de retour, et elle arrive particulièrement tôt dans l’année. Des conditions de sécheresse des sols superficiels concernent en effet déjà plusieurs régions de France en ce début du mois de mai. Des sols utiles pour l'agriculture, un secteur qui a déjà souffert de l’épisode froid du début de mois. Voilà qui a de quoi surprendre quand on se souvient que l’hiver dernier des inondations avaient touché le sud-ouest et que le début d’année relativement humide en janvier et février. Mais depuis, un temps sec voir très sec s’est imposé sur une grande partie du pays. Le mois de mars a d’ailleurs été très sec et au 1er avril, en conséquence, l’humidité des sols est à environ -20% par rapport à la normale.

Le mois de mars a d’ailleurs été très sec et au 1er avril, en conséquence, l’humidité des sols est à environ -20% par rapport à la normale.

Et depuis début avril, la situation ne s’est pas améliorée, pire, elle s’est nettement dégradée avec un déficit de pluie très important sur les 30 derniers jours, sur quasiment l’ensemble du pays, parfois jusqu’à 80 à 90%. Par endroit, il n’est pas tombé plus de quelques mm de pluie comme tout juste 2,4 mm à La Rochelle (17), 5 mm à Toulouse (31), 5,8 mm à Agen (47). Le déficit de pluie atteint par exemple 82% de déficit pour Tours, 83% à La Rochelle et 73% pour Toulouse. Ajoutez à cela, un « ensoleillement hors norme » dans certaines régions comme les Pays-de-la-Loire, et un vent de nord-est régulier de nord-est, qui assèche la végétation et le sol.

Des restrictions d’eau déjà en vigueur

En conséquence, certains départements comme le Var connaissent déjà des restrictions d’eau. Le déficit pluviométrique constaté sur le département atteint près de 30% et la situation hydrologique des cours d’eau est déjà très basse, avec des débits en dessous de la normale. Une situation qui a poussé le préfet Var à activer le "plan sécheresse", en plaçant le département en vigilance.

Un arrêté préfectoral limite les prélèvements dans les cours d’eau, les retenues et les nappes phréatiques pour les agriculteurs ou les collectivités qui voudraient procéder à l’irrigation des grandes cultures, ou à l’arrosage des espaces verts. Même constat en Loire Atlantique, l’ensemble du département a ainsi été placé en situation de vigilance, et de premières restrictions quant à l’usage de l’eau ont aussi été décidées.

L'empreinte du changement climatique

Cette sécheresse survient de plus en plus tôt : l’an dernier, elle avait démarré plus tard, et au 1er avril, le déficit n’était « que » de 10%. Il faut y voir une empreinte du changement climatique où les précipitations sont désormais souvent très (trop) importantes en hiver et quasi-inexistantes au printemps alors que dans le passé elles étaient beaucoup plus équilibrées entre les saisons.

Il faut y voir une empreinte du changement climatique où les précipitations sont désormais souvent très (trop) importantes en hiver et quasi-inexistantes au printemps alors que dans le passé elles étaient beaucoup plus équilibrées entre les saisons.

En outre, la hausse des températures (qui augmente l’évaporation) combinée à la baisse des précipitations, provoque des sécheresses du sol bien plus importantes au cours des dernières décennies. En France, les 3 dernières années (2018, 2019 et 2020) ont marqué les esprits, pulvérisant chacune des records de sécheresse. Même les régions où elles étaient jusqu’alors assez inhabituelles, comme la région Grand Est, ont été touchées.