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Recul de la sécheresse : est-on tiré d’affaire ?

Grâce au retour des perturbations océaniques en début de mois, la situation s’est nettement améliorée sur le front de la sécheresse. Ainsi, pouvons-nous dire que nous sommes désormais tirés d’affaire ?

Malgré les pluies des dernières semaines, le niveau de la Loire (ici à Ingrandes-le-Fresne-sur-Loire) est extrêmement bas pour la saison.
Malgré les pluies des dernières semaines, le niveau de la Loire (ici à Ingrandes-le-Fresne-sur-Loire) est extrêmement bas pour la saison.

Un léger mieux qui se transforme en une nette amélioration. Après plusieurs mois avec une situation de blocage anticyclonique, les perturbations atlantiques ont (enfin) retrouvé le chemin de la France. Une première salve de front pluvieux nous a concernés en début de mois tandis qu’un nouveau défilé de perturbations s’est mis en place en début de semaine. Si les précipitations qui traversent le pays n’épargnent aucune région, elles se montrent plus copieuses dans certaines régions, comme en Corse ou près des Pyrénées notamment, de bon augure pour continuer à faire reculer la sécheresse.

45 départements toujours en alerte

Si le nombre de 45 départements toujours soumis à des arrêtés de restrictions d’usage de l’eau est remarquablement élevé pour cette période de l’année, il est néanmoins en baisse. En début de mois, plus de 60 % des départements étaient classés en "alerte" ou "crise" sécheresse. Cette amélioration est la conséquence du retour des perturbations océaniques après une succession de saisons avec un déficit de pluie. Il aura donc fallu attendre la fin de l’automne pour voir les précipitations revenir de manière régulière et parfois abondante. Ainsi, c’est en Corse qu’elles se sont montrées les plus généreuses au cours des derniers jours avec une centaine de millimètres à Ajaccio et jusqu’à 120 mm sur le relief. Le Pays Basque a également été concerné par des pluies abondantes avec quelque 84 mm tombés en 36 heures à Bidache, 70 mm à Orthez ou encore 62 mm à Biarritz.

Malgré ces précipitations, l’indice d’humidité des sols demeure déficitaire. C’est particulièrement le cas dans le sud-est où les épisodes de pluies automnales ont été rares cette année. Il est même à un niveau record bas pour une fin novembre dans les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et de l’Hérault. L’amélioration est plus nette en revanche entre la Bretagne et la Normandie où plus aucun n’arrêté n’est en vigueur. Le préfet des Côtes-d’Armor qui craignait des coupures d’eau d’ici la fin de l’année a vu la menace disparaître. Même constat dans le Tarn où l’évolution, bien que positive, est plus limitée. L’Occitanie, la région PACA et le centre-ouest restent les zones les moins favorisées à ce jour.

Retour d’un temps sec durable en décembre

Avec les précipitations de ces derniers jours et celles prévues d’ici la fin du mois, la probabilité que 2022 devienne l’année la plus sèche faiblit. Le record, actuellement détenu par l’année 1989 avec une moyenne nationale de 707 mm, pourrait donc conserver son titre. Mais attention, 2022 n’a pas encore dit son dernier mot ! Les dernières tendances à long terme confirment ce que nous vous annonçons depuis plusieurs mois : nous nous acheminons vers un hiver qui sera plus froid et plus sec que la normale. Et c’est bel et bien ce qu’il nous attend pour le début du mois de décembre avec à la clé, des précipitations absentes et un froid parfois marqué.

Les précipitations prévues d'ici début décembre seront particulièrement bienvenues, laissant place ensuite à un puissant anticyclone.
Les précipitations prévues d'ici début décembre seront particulièrement bienvenues, laissant place ensuite à un puissant anticyclone.

Ainsi, les nappes phréatiques dont la période de recharge court du début de l’automne jusqu’à la fin de l’hiver sont encore loin d’avoir retrouvé un niveau normal. Leur niveau est encore jugé "bas" voire "très bas" par le BRGM, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières. Il va donc falloir encore beaucoup de perturbations ces prochains mois, or les tendances saisonnières ne vont pas dans ce sens. Ainsi, alors que la sécheresse en surface (sécheresse agricole) est dernière nous, le problème de la sécheresse hydrologique (sécheresse des nappes et des retenues) n’est pas encore réglé. Et la situation pourrait bien rester tendue tout l’hiver. À suivre…