Pourquoi les températures font-elles le yoyo en pleine journée ?

Depuis plusieurs jours, certaines villes connaissent des amplitudes thermiques très importantes entre le petit matin et l'après-midi. A quoi est dû ce phénomène ? Les explications.

Virginie Hilssone Virginie Hilssone 23 Mars 2019 - 23:00 UTC
nevers
Les amplitudes thermiques sont fortes dans de nombreuses villes, comme ici à Nevers.

Le printemps est là ! La nature et les animaux sortent de leur hibernation…. On abandonne les moufles et les écharpes, ou presque. Le matin il fait toujours assez frais et elles ne sont pas inutiles mais dès qu'arrive la mi-journée il fait trop chaud et on ne sait plus quoi en faire. C’est aussi le charme du printemps, ou presque, on ne sait jamais comment s’habiller !

La faute aux températures qui jouent au yoyo en pleine journée. Le matin, les gelées peuvent être nombreuses et l’après-midi, le mercure dépasse aisément les 15°C. Vendredi, on relevé -1°C à Troyes au petit matin et 18.9°C en plein après-midi ! Même chose du coté de Nevers, où -2°C se sont affichés au thermomètre le matin, avant qu’il ne grimpe jusqu’à 17°C l'après-midi. Et ce n’est pas terminé, cette situation devrait encore perdurer dans les jours à venir.

Une situation typique en début de printemps

Ces situations de fortes amplitudes thermiques sont tout à fait classiques à cette période de l’année. Elles se produisent le plus souvent en fin d'hiver ou début du printemps, parfois en fin d'été ou début d'automne lorsque les conditions sont anticycloniques.

C’est tout le temps la même cause : un ciel bien dégagé, qui ne produit pas les mêmes conséquences de jour comme de nuit. Pendant la nuit, aucun nuage ne vient jouer le rôle d’obstacle, et par rayonnement nocturne, toute la chaleur accumulée en journée près du sol s’échappe vers l’atmosphère et les températures chutent rapidement. Au contraire, pendant la journée, le soleil n’a plus aucun obstacle et ses rayons chauffent aussi rapidement les basses couches de l’atmosphère, et le mercure évolue ainsi très vite.

De plus, les nuits sont alors assez longues pour permettre un refroidissement conséquent, et la vigueur de l'ensoleillement diurne permet un réchauffement suffisant. Enfin, les hautes pressions favorisent une masse d'air sèche, qui laisse passer le rayonnement, et facilite un fort réchauffement diurne.

Un record à Mouthe dans le Doubs

Les régions de montagne et les lieux situés dans des cuvettes (appelés « trous à froid »), où l'air froid s'accumule par ciel clair la nuit, et surchauffent plus naturellement le jour, sont les plus exposés aux fortes amplitudes thermiques.

A ce jour, le record national de la plus forte amplitude thermique diurne est détenu par Mouthe (Doubs, 939m d'altitude). On y a relevé, le 13 janvier 1968, -36,7°C le matin, pour une maximale de 1,1°C l'après-midi, soit 37,8°C d'amplitude ! En plaine, le record est détenu par Trensacq (dans la forêt landaise), avec 31,7°C d'amplitude relevés le 5 septembre 1986 (0,8°C le matin et 32,5°C l'après-midi).

Mais gardons à l’esprit que ces grands écarts de températures peuvent être une vraie épreuve pour l’organisme. Après l’hiver, le système immunitaire est plus fragile et le redoux en journée favorise la prolifération des microbes. Attention donc aux rhumes et angines très courants à cette période de l’année. Il est prudent de bien restez couvert et de ne pas oublier que l’été est encore loin !

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