Nappes phréatiques à un niveau "exceptionnel" en France : la sécheresse et les incendies sont-ils pour autant écartés ?
Après un hiver très arrosé et un mois de février particulièrement pluvieux en France, les nappes phréatiques ont pu se recharger, même dans des régions en souffrance. Cela suffira-t-il pour autant à écarter la sécheresse et les risques d'incendies à l'arrivée de l'été ?

Cela faisait plusieurs années que l'on n'avait pas vu les nappes phréatiques retrouver un tel niveau de remplissage. C'est ce dont s'est réjouit le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). Actuellement, 24 % d’entre elles affichent un niveau très haut, un chiffre « exceptionnel » et 67 % d'entre elles ont atteint un niveau supérieur à la normale sur une large majorité du pays.
Dans son bulletin de situation de début mars, le BRGM précise que la situation est même « excédentaire » sur les trois quarts du pays et « seules quelques nappes du quart nord-est du territoire ont encore des niveaux modérément bas mais la situation s’améliore et les tendances d’évolution sont à la hausse. »
Même dans certaines régions, considérées en souffrance depuis plusieurs années comme les Pyrénées-Orientales, les nappes phréatiques abonnées aux sécheresses chroniques sont enfin sorties du rouge cet hiver.
Un risque de sécheresse et d'incendies écarté ?
Les experts du BRGM estiment que les risques sont écartés pour plusieurs mois. Avec un mois de février le plus pluvieux depuis 1959 selon Météo France, ces pluies ont permis une recharge « active » avec 84 % des niveaux en hausse (contre 56 % en janvier).
Ils s'inspirent des castors pour recharger les nappes phréatiques, "l'objectif est de ralentir l'eau et d'hydrater les sols"https://t.co/auOF1wCIxN pic.twitter.com/zkRykJXSCL
— France 3 Alsace (@F3Alsace) March 8, 2026
« On va retarder voire éviter les risques de sécheresse pendant quelques mois », a expliqué l’hydrogéologue Violaine Bault lors d’un point presse relayé par Libération. Un risque subsiste cependant : la vidange précoce des nappes avec le retour du beau temps et la reprise de la végétation qui ralentit la recharge des stocks souterrains.
La vigilance reste de mise
Certaines régions n'ont pas bénéficié d'autant de pluie comme c'est le cas pour le Bassin parisien ou le nord-est de la France. Le BRGM prévient : « Nos prévisions restent assez incertaines, cela va dépendre des pluies du printemps qui doivent permettre de garder les nappes à des niveaux assez hauts le plus longtemps possible. »
Pour les nappes inertielles, qui réagissent plus lentement en raison de leur profondeur ou de la nature du sol, l’infiltration des pluies de février se poursuit dans certaines régions et « les prévisions pour l’été 2026 sont incertaines ». La vigilance reste donc de mise.
Références de l'article :
Libération, Dans l’Hexagone, une recharge «exceptionnelle» des nappes phréatiques grâce aux pluies de février