France : comment aider les scientifiques à recenser les insectes ?

Même les personnes effrayées par les insectes volants peuvent participer à ce recensement d'envergure nationale !

Vous pouvez participer jusqu'au mois d'octobre.
Vous pouvez participer jusqu'au mois d'octobre.

Vous habitez en France et prenez régulièrement la voiture ? Vous pouvez participer au recensement des insectes ! En effet, les automobilistes peuvent désormais contribuer à la recherche sur la biodiversité en participant à un programme de science participative aussi simple qu'utile : photographier les insectes écrasés sur leur plaque d'immatriculation après un trajet.

L'objectif est de mieux comprendre l'évolution des populations d'insectes volants, dont le déclin inquiète fortement les chercheurs depuis plusieurs années. Cette initiative, baptisée "Bugs Matter" (littéralement les "insectes comptent" en anglais), est déployée en France par le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), via son réseau Vigie-Nature, avec l'Office français de la biodiversité, l'Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et l'association Noé.

Déjà utilisée au Royaume-Uni, cette méthode permet de récolter des données standardisées à grande échelle. Contrairement au pare-brise, dont la forme varie d'un véhicule à l'autre, la plaque d'immatriculation offre une surface plane, de taille standardisée, idéale pour comparer les résultats entre participants. Les chercheurs peuvent ainsi estimer l'abondance relative des insectes volants sur l'ensemble du territoire.

Cette approche vise à objectiver le fameux "syndrome du pare-brise propre", ce constat partagé par de nombreux conducteurs : il y a de moins en moins d'insectes qui s'écrasent sur les véhicules qu'autrefois. Or, ce phénomène reflète une crise majeure de la biodiversité.

Alors, comment participer ?

La participation est accessible à tous les conducteurs, sans compétence scientifique particulière. Seule impératif : savoir utiliser un smartphone. Voici la marche à suivre : téléchargez gratuitement l'application Bugs Matter sur votre smartphone. Avant votre trajet, nettoyez soigneusement votre plaque d'immatriculation.

Ensuite, vous pourrez effectuer votre déplacement habituel. À l'arrivée, photographiez la plaque directement via l'application. L'intelligence artificielle intégrée analysera automatiquement l'image et comptera les impacts d'insectes. Le protocole a été conçu pour être rapide : quelques minutes suffisent après chaque trajet.

Tous les déplacements peuvent être intéressants, mais les chercheurs recherchent particulièrement des trajets : de plusieurs kilomètres, effectués à vitesse régulière et/ou sur routes ouvertes plutôt qu'en circulation urbaine dense.

    Plus les données proviennent de régions variées et de différentes saisons, plus elles sont précieuses pour la recherche. Chaque observation contribue à affiner la connaissance scientifique du territoire.

    À quoi servent les données collectées ?

    Les informations recueillies permettront de : mesurer l'abondance des insectes volants en France, suivre leur évolution dans le temps, identifier les zones géographiques les plus touchées, mieux comprendre l'impact du changement climatique, de l'agriculture intensive ou de l'urbanisation sur ces populations.

      Ces données sont essentielles, car les insectes jouent un rôle crucial dans la pollinisation, la décomposition de la matière organique et l'alimentation de nombreuses espèces. Participer à Bugs Matter ne demande ni matériel spécifique ni expertise. En quelques secondes après un trajet, chaque automobiliste peut contribuer à une base de données scientifique nationale et aider la science.

      Dans un contexte où le déclin des insectes est devenu un indicateur majeur de l'état des écosystèmes, cette mobilisation citoyenne pourrait fournir des informations déterminantes pour orienter les politiques de conservation en France. Dans ce cas, conduire une voiture n'est plus un geste anti-écologie mais pro-biodiversité.

      Références de l'article :

      Delphine Chayet, LeFigaro, (13/04/2026), Face au «syndrome du pare-brise propre», les chercheurs veulent compter les insectes sur votre plaque d’immatriculation

      Office pour les insectes et leur environnement (Opie), Bugs Matter : les insectes, ça compte !