Les fortes chutes de neige de cet hiver pourraient avoir des conséquences significatives à l’arrivée du printemps

La hausse des températures arrivera avec le printemps et, avec elle, la fonte de toute la neige accumulée cet hiver, ce qui pourrait compliquer la situation dans nos rivières si nous connaissons en plus un printemps pluvieux.
Le printemps prochain verra la fonte de la neige que nous avons reçue tout au long de cet hiver et, cette année, les cumuls sont si importants que le dégel entraînera une hausse drastique du débit des rivières et des cours d’eau ainsi que la recharge d’aquifères déjà saturés, provoquant des inondations.
Pourquoi se produit le dégel ?
Le dégel correspond à la fonte des neiges et des glaciers sous l’effet de l’augmentation des températures au printemps. Lorsque les températures augmentent, le dégel libère d’énormes volumes d’eau gelée durant l’hiver, provoquant une hausse du débit des rivières pouvant aller jusqu’à des inondations dans certains cas, notamment s’il pleut sur le bassin hydrographique du cours d’eau.
Dans les régions très froides, le processus de dégel est aggravé par la fragmentation de la couche de glace qui recouvre les lacs et les cours d’eau. Les blocs de glace peuvent s’accumuler au point de former une barrière qui, en se rompant, engendre une onde destructrice. Parfois, cette fonte se produit prématurément dans la partie amont d’un fleuve, contribuant ainsi à l’élévation du niveau de l’eau.
Les principaux effets du dégel au printemps
La fonte de la neige et de la glace augmente le débit des rivières, ce qui provoque des inondations en aval, dans les zones côtières et le long des rives, et entraîne également un risque accru d’avalanches
Le dégel est fondamental pour recharger les aquifères et maintenir le débit des rivières et des sources tout au long de l’année, même si un dégel incontrôlé, avec des débits très élevés, peut provoquer une pénurie à long terme en rendant plus difficile la recharge des ressources en eau souterrain.

Avec une grande quantité de neige, le dégel a un impact sur la flore et la faune. Les températures printanières arrivent de plus en plus tôt, perturbant les périodes de floraison et les cycles de vie de certaines espèces animales. La perte de glace, à la fois continentale et marine, réduit la capacité de la Terre à réfléchir la lumière solaire, diminue l’albédo, absorbe davantage de chaleur et accélère le réchauffement climatique, ce qui provoque des perturbations du climat à l’échelle mondiale.
Quel est le lien entre le dégel et le réchauffement climatique ?
L’effet du dégel sur l’accélération du réchauffement climatique est lié à la diminution de l’albédo terrestre. L’albédo correspond au pourcentage de rayonnement qu’une surface réfléchit par rapport au rayonnement qu’elle reçoit. Les surfaces claires réfléchissent davantage de rayonnement car elles présentent des valeurs d’albédo plus élevées que les surfaces sombres, et les surfaces brillantes plus que les surfaces mates.
L’albédo moyen de la Terre est d’environ 0,3. Appliqué à la surface du globe, cela signifie que plus l’albédo est élevé, plus l’énergie est renvoyée vers l’espace et moins la température retenue est importante. Avec le dégel, l’albédo terrestre diminue, une plus faible quantité d’énergie est réfléchie vers l’espace et davantage de chaleur est retenue à la surface de la Terre.
L’effet de serre
Il existe des flux d’énergie entre l’espace, l’atmosphère et la surface de la Terre. Dans ces échanges, la quantité de rayonnement absorbée est égale à celle qui est émise, de sorte que la Terre ne se réchauffe ni ne se refroidit. La capacité de l’atmosphère à capter et à recycler l’énergie émise par la surface terrestre constitue le phénomène appelé effet de serre.
En raison des activités humaines, une dégradation de la couche d’ozone s’amorce, entraînant une augmentation du rayonnement ultraviolet et, par conséquent, du réchauffement climatique, qui correspond à l’augmentation progressive de la température moyenne de l’atmosphère terrestre et des océans.

Par ailleurs, la déforestation, les combustibles fossiles, les transports et les activités industrielles sont également des causes du dégel, car ils entraînent une augmentation de la concentration des gaz à effet de serre — vapeur d’eau, dioxyde de carbone, méthane, oxyde d’azote, ozone et chlorofluorocarbures — ce qui conduit à une hausse des températures et provoque un dégel accru du manteau neigeux.