Les caractéristiques étonnantes du mistral : voici où ce vent souffle le plus fort en France

Le mistral est l'ennemi des estivaliers mais aussi des pompiers : non seulement il assèche la végétation et accroît le risque d'incendie, mais il refroidit parfois sensiblement la température de l'eau. Quelles sont les caractéristiques étonnantes de ce vent ?

Le mistral est un vent de terre, qui souffle de secteur Nord, Nord-Ouest ou Ouest selon les régions, toutes situées dans le quart Sud-Est de la France.
Le mistral est un vent de terre, qui souffle de secteur Nord, Nord-Ouest ou Ouest selon les régions, toutes situées dans le quart Sud-Est de la France.

Ces derniers jours, le mistral a parfois soufflé fort dans le Sud-Est de la France. Mais d'où vient ce vent ? Quelles sont ses caractéristiques ? Vent régional, généralement sec et turbulent, il peut souffler à 50 km/h de moyenne, avec des rafales à plus de 100 km/h, le tout dans une zone allant de la basse vallée du Rhône à la Provence, jusqu'au littoral méditerranéen à partir de la Camargue.

Un vent de terre froid

Le mot "mistral" vient de l'ancien provençal maestral, issu du latin magister signifiant "maître". Ce vent chasse généralement les nuages, contrairement aux vents de mer qui apportent de l'humidité. On dit que le mistral, vent de terre, nettoie le ciel. Il souffle de secteur Nord dans la vallée du Rhône, de Nord-Ouest en région marseillaise, et d'Ouest sur la côte varoise et la Corse.

Souvent plus fort en hiver et au printemps, il peut durer plusieurs jours voire plus d'une semaine. Même s'il souffle pendant de très chaudes journées l'été, le mistral est un vent froid. Il modère les températures en brassant la couche d'air. L'hiver, il peut ainsi drainer l'air froid jusqu'à la Méditerranée et donner un ressenti glacial. On parle parfois de mistral noir quand il s'accompagne, rarement, de nuages arrivant par flux d'Est depuis la frontière italienne.

Il peut aussi au contraire réchauffer les températures, lorsqu'il souffle jusqu'au Var, en passant sur un relief : c'est l'effet de foehn, qui a par exemple fait grimper les températures à près de 39°C à Fréjus le 1er juillet dernier, après un coup de mistral sur le massif des Maures.

C'est lorsque le Sud-Est est soumis à un flux de Nord-Ouest, en bordure d'un anticyclone situé sur le proche Atlantique, les îles britanniques ou l'Espagne, que le mistral se lève. Parfois, en accélérant le flux d'air dans la vallée du Rhône, qui vient buter sur les Alpes, une dépression se creuse dans le golfe de Gênes, ce qui accélère encore plus le mistral. C'est généralement lorsqu'un front froid pluvieux traverse l'ensemble de la France qu'une situation favorable au mistral apparaît.

L'été : l'upwelling

Parfois, le mistral arrive à souffler jusqu'en région niçoise : il a alors une composante Sud-Ouest, c'est pour cela qu'on ne l'appelle jamais ainsi. C'est entre Valence et Donzère, dans la vallée du Rhône, là où le couloir rhodanien est le plus étroit, que le mistral s'accélère le plus : il atteint alors sa puissance maximale un peu plus au Sud, entre Orange, Avignon, Istres et Arles.

C'est la ville d'Istres qui possède le plus grand nombre de journées où le vent dépasse les 100 km/h en rafales, 10 jours par an sur la période 2000-2025. C'est en altitude, au mont Ventoux, que le mistral a soufflé le plus fort, 313 km/h le 20 mars 1967. En revanche, en plaine, on l'a rarement vu dépasser les 140 km/h, il est donc largement battu par les vents des fortes tempêtes hivernales sur les côtes Ouest de la France.

Lorsqu'il souffle fort et durablement, ce vent peut faire baisser fortement la température de l'eau de mer le long des Bouches-du-Rhône : on appelle ce phénomène l'upwelling. Le mistral pousse en fait la couche supérieure plus chaude de la mer vers le large, faisant remonter les eaux plus froides à la surface. De quoi vivifier les baigneurs et malheureusement accroître le risque d'hydrocution lors de fortes chaleurs.

Enfin, le mistral peut aussi jouer un rôle néfaste l'été dans le déclenchement et la propagation des feux de forêts, à cause de son effet asséchant qui augmente l'évapotranspiration de la végétation, ainsi plus vulnérable, mais aussi à cause de ses rafales qui rendent les feux incontrôlables et emportent des braises au loin en déclenchant ainsi de nouveaux incendies.

Référence de l'article

Météo-France. (2026). Le mistral, vent régional.