La population des oiseaux est-elle repartie à la hausse depuis l’interdiction des néonicotinoïdes en France ?
Grâce à l'interdiction des néonicotinoïdes, les oiseaux insectivores repeuplent peu à peu leurs habitats. C'est ce qu'a démontré une étude menée en France sur 57 espèces d’oiseaux entre 2013 et 2022, nouvelle preuve que les pesticides ont bien un impact sur la biodiversité.

Une nouvelle encourageante pour la biodiversité : l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes a bien des effets positifs sur les populations d'oiseaux insectivores. Et à l'inverse, ils jouent un rôle significatif dans le déclin de ces dernières, notamment à travers la nourriture qui consiste principalement en insectes.
C'est ce qui est ressorti d'une première étude réalisée en France et publiée dans la revue Environmental Pollution. Pour parvenir a ces conclusions, les chercheurs se sont concentrés sur l'un des principaux néonicotinoïdes, l'imidacloprid, le plus vendu en France avant son interdiction en 2018. Ils ont comparé l'abondance des oiseaux avant et après son interdiction.
Près de 13% d'oiseaux en moins dans les zones traitées aux pesticides
En 2022, soit quatre ans après l'interdiction des néonicotinoïdes, les scientifiques ont observé que le nombre d’oiseaux insectivores était inférieur de 12 % sur les sites traités aux pesticides par rapport aux sites où aucun néonicotinoïde n’était utilisé. Ce chiffre est passé à 9 % après la proscription du néonicotinoïde.
Parmi les oiseaux qui ont fait un timide retour, on comptait des merles, des fauvettes à tête noire et des pinsons, qui se nourrissent d’insectes à l’âge adulte et lorsqu’ils sont encore oisillons.
Parce qu'ils polluent les eaux et qu'ils tuent les insectes, les pesticides empêchent les oiseaux de se nourrir correctement. Ils représentent donc une cause majeure de la baisse des populations d'oiseaux qu'on observe depuis quelques décennies https://t.co/TGraq4OuU4 pic.twitter.com/VBe8heJcVr
— ARTE (@ARTEfr) April 4, 2020
Pour l'un des auteurs de l'étude, Thomas Perrot, bannir les néonicotinoïdes ne résout pas tout. Dans un post publié sur le réseau social Bluesky, il a souligné que cette « légère reprise » restait « loin d’un rétablissement complet de la population ». Il a ajouté : « L’interdiction d’un pesticide ne suffit pas : la restauration des habitats et la reconstitution des écosystèmes sont essentielles pour favoriser le rétablissement des populations d’insectes. »
Cette nouvelle étude vient s'ajouter aux nombreuses autres qui démontrent les résultats néfastes de l'intensification de l'agriculture avec l’augmentation de la quantité d’engrais et de pesticides utilisée par hectare. Les résultats donnent malgré tout une lueur d'espoir face au déclin des populations d'oiseaux en France et en Europe et face à la menace d’extinction de certaines espèces.
Les auteurs de l'étude appellent à des mesures de conservation et de restauration supplémentaires, notamment un meilleur soutien de l'agriculture biologique.
Références de l'article :
Environmental Pollution, Science Direct, Weak recovery of insectivorous bird populations after ban of neonicotinoids in France, hinting at lasting impacts
20 Minutes, Pesticides : Depuis l’interdiction des néonicotinoïdes, la population d’oiseaux s’est remplumée en France