Et si les plages disparaissaient ? La moitié d'entre elles serait menacée d'ici 2100 : même en France ?
Et si le farniente sur la plage pendant les vacances d'été n'était bientôt plus qu'un lointain souvenir ? Selon un chercheur, la moitié des plages de la planète pourrait en effet avoir disparu d'ici 2100 : comment l'expliquer ?

"Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés" : qui n'a jamais entendu ce tube iconique de Brigitte Bardot ? Mais pourra-t-on encore chanter ce titre lorsque les plages auront disparu ? C'est en tout cas le sinistre présage réalisé par le chercheur Omar Defeo, professeur à l'Université de la République d'Uruguay, selon qui la moitié des plages de la planète risque de disparaître d'ici 2100.
Qu'est-ce que le système côtier ?
Les propos d'Omar Defeo ont été dévoilés lors des séances d'ouverture du symposium de la Fondation de recherche de l'État de São Paulo, au Brésil (FAPESP). En raison de l'érosion, entre coups de boutoir de la mer liés au dérèglement climatique et expansion des villes très urbanisées et bétonnées vers la côte, "près de la moitié des plages auront disparu d'ici la fin du siècle", selon lui.
Stop au prélèvement de sable sur les plages
— Kilifeuu Guii (@KiliFeuu) May 28, 2025
Nos plages ne sont pas des carrières.
Ce geste en apparence banal a des conséquences graves
Lerosion des côtes
Destruction des écosystèmes marins
Risques accrus dinondation@PrdaoudaN @MUCTATSenegal pic.twitter.com/QEyCCfpa8k
Cette érosion menace littéralement les villes côtières d'engloutissement, avec comme conséquences une baisse de la biodiversité, et une crise de l'économie touristique et de la pêche. Pour préserver les écosystèmes côtiers, les pays partageant des façades maritimes en tant que ressources communes doivent s'unir, comme prévoient de le faire l'Uruguay, le Brésil et l'Argentine.
Pour préserver ce système côtier, il faut préserver les trois éléments qui le composent. D'abord la dune (ou la post-plage), qui se situe au-dessus de la limite de la marée haute, et qui est formée de monticules de sable apportés par le vent. Sous la dune, il y a la plage en elle-même, immergée ou non en fonction des marées. Au large, on retrouve l'estran, toujours immergé, qui s'étend entre la limite de la marée basse et le commencement des vagues.
Naturellement, le vent transporte le sable de la zone sèche vers la zone submergée, et les vagues ramènent les sédiments sur la plage. Ce double mouvement génère un échange constant entre les deux zones, qui s'auto-alimentent. En cas de tempête, la dune s'érige comme rempart ; mais quand l'urbanisation à outrance rabote la dune, les maisons en bord de mer peuvent être détruites en cas de coup de mer.
Une érosion intense sur 20% des plages !
Lorsque seul un des composants du système côtier est atteint (la plage, la dune ou l'estran), c'est tout l'écosystème de plage qui est dégradé ! La première menace pour la biodiversité des plages est la hausse du nombre de touristes. Viennent ensuite l'urbanisation des côtes puis le nettoyage mécanique des plages, très utilisé notamment dans le Sud-Est de la France.
Lérosion est un processus naturel dusure, de fragmentation et de transport des sols et des roches. Elle résulte de laction de leau, du vent, de la glace et de la gravité. Présente en permanence, elle façonne les reliefs et peut être renforcée par les activités humaines. pic.twitter.com/fCRSdBGaH4
— Gautier NGELEKA (@NgelekaGautier) January 22, 2026
Toutefois, la hausse de la population des villes côtières (hors touristes) est plutôt une bonne chose, car elle favorise l'arrivée d'espèces dites "opportunistes", qui se nourrissent des déchets organiques humains. L'étude réalisée par Omar Defeo montre surtout que l'impact des activités humaines, même si celles-ci ne concernent qu'un seul composant, touche tous les composants du système côtier.
Ainsi, la construction à outrance et un nombre trop important de visiteurs sur la partie supérieure d'une plage peuvent affecter négativement la biodiversité sur le bas de plage mais aussi dans les zones immergées. L'impact humain est crucial sur la dégradation des plages, surtout sur celles possédant une forte pente : les vagues se cassent alors abruptement.
Au niveau mondial, l'étude sur 315 plages révèle que 20% d'entre elles sont déjà soumises à une érosion "intense, extrême ou sévère", avec donc un haut risque de disparition à terme. En France, les zones déjà en fort recul sont les baies des Hauts-de-France, les havres du Cotentin, la baie d'Audierne, la côte Ouest d'Oléron, la côte sauvage et l'estuaire de la Gironde, le Nord du Médoc, le bassin d'Arcachon et la Camargue.
Références de l'article :
GEO. La moitié des plages mondiales pourrait disparaître d'ici 2100, voici pourquoi.
ScienceDaily. Scientists warn half the world's beaches could disappear.