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L'ONU appelle le monde à déclarer l'état d'urgence climatique

Samedi dernier se tenait virtuellement un sommet mondial destiné à relancer les efforts pour lutter contre le réchauffement climatique, 5 ans après l'Accord de Paris. L'occasion pour le secrétaire général de l'ONU de demander aux dirigeants mondiaux de déclarer l'état d'urgence climatique.

Etat d'urgence climatique
Montée des eaux, fonte des glaces, canicules, feux de forêt, inondations... L'ONU demande aux dirigeants mondiaux de déclarer l'état d'urgence climatique.

"J'appelle aujourd'hui les responsables du monde à déclarer l'état d'urgence climatique dans leur pays jusqu'à ce que la neutralité carbone soit atteinte". C'est ainsi qu'Antonio Guterres, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, a ouvert en ligne ce "sommet ambition climat" visant à relancer les efforts de lutte contre le réchauffement climatique, 5 ans après que plusieurs pays se soient engagés à limiter le réchauffement planétaire à +2°C.

Accord de Paris, des engagements insuffisants :

En 2015, la communauté internationale s'était engagée à contenir le réchauffement "nettement" en dessous de +2°C voire - ambitieusement - de +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle. Mais les engagements des pays pris afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre "n'étaient pas suffisants" et "n'ont pas été respectés" a déclaré A. Guterres rappelant qu'il est nécessaire de "réduire les émissions mondiales de 45% d'ici à 2030 par rapport au niveau de 2010".

Des dizaines de chefs d'états et gouvernements et des représentants d'entreprises comme Apple participaient à cet événement. À moins d'un an de la COP26 qui se tiendra en novembre 2021 à Glasgow (Ecosse) A. Guterres plaidant pour une relance verte après la pandémie de Covid-19, a demandé aux dirigeants de "faire preuve d'ambitions, à faire cesser les coups portés à la planète, et à faire ce qu'il faut pour garantir l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants".

Avant ce sommet, plusieurs états ont proposé des plans audacieux pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La veille du sommet, les 27 pays de l'UE s'entendaient pour réduire leurs émissions "d'au moins 55%" d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, contre 40% précédemment, pour atteindre la neutralité carbone en 2050. La Chine, plus grand pollueur au monde, a récemment annoncé son intention d'atteindre la neutralité carbone en 2060.

Promesses ambitieuses de la communauté internationale

Xi Jinping, le président chinois a aussi promis que les énergies renouvelables représenteront 25% de sa consommation d’énergie primaire d’ici à 2030 contre 15,3 % fin 2019. Le gouvernement britannique s'est engagé à réduire les émissions de CO2 d’au moins 68 % d’ici à 2030. Boris Johnson a annoncé que le Royaume-Uni allait arrêter "dès que possible" de soutenir financièrement des projets d'énergies fossiles à l'étranger.

Récemment élu, Joe Biden a fait savoir que les États-Unis - sortis de l'accord de Paris suite à l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche en 2016 - rejoindraient l’accord de 2015 dès "le premier jour de sa présidence" et espère parvenir à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. D'autres pays, comme Israël et le Pakistan, se sont quant à eux engagés à supprimer progressivement les centrales électriques au charbon.

L'Inde, quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre, a assuré qu'elle "n'atteindra pas seulement ses propres objectifs, mais dépassera vos atteintes" sans pour autant donner de date pour atteindre la neutralité carbone. Les Maldives, menacées par la montée des eaux, ont annoncé faire "tout ce qui est en leur pouvoir pour faire face à l'urgence climatique". Parmi les absents de ce sommet, le Brésil et l'Australie, dont les objectifs ont été jugés insuffisants.