Insolite : le mont Blanc a gagné près de 2 mètres depuis 2023 !

L'altitude du mont Blanc évolue au fil des années, au gré des variations de neige et de glace qui recouvrent son sommet. Les dernières mesures réalisées en septembre 2026 révèlent une hausse de près de 1,9 mètre en trois ans, après avoir atteint un niveau exceptionnellement bas en 2023.

Une équipe de géomètres-experts a mesuré précisément l'altitude du mont Blanc en septembre 2026 et constaté une augmentation de son altitude par rapport à l'année 2023
Une équipe de géomètres-experts a mesuré précisément l'altitude du mont Blanc en septembre 2026 et constaté une augmentation de son altitude par rapport à l'année 2023

D'après les dernières mesures des géomètres-experts français, l'altitude du mont Blanc, le plus haut sommet d'Europe occidentale a sensiblement augmenté ces dernières années !

Le toit de l'Europe

Le mont Blanc est situé dans le massif du Mont-Blanc, à cheval entre le département de la Haute-Savoie en France et la région autonome de la Vallée d'Aoste en Italie. Celui-ci est le point culminant de la fameuse chaîne de montagne des Alpes tout comme le plus haut sommet français, devant le dôme du Goûter (4 304 m) et le mont Blanc du Tacul ( 4 248 m), tous deux situés en Haute-Savoie. Cette imposante montagne est également le plus haut sommet d'Europe de l'Ouest, ce qui lui vaut le surnom de «toit de l'Europe».

Néanmoins, contrairement à ce que l'on pourrait penser, le mont Blanc n'est pas le point culminant du continent européen. Cinq sommets dominent le mont Blanc entre la mer Noire et la mer Caspienne, à la frontière entre les territoires russes et géorgiens.

La chaîne de montagnes du Caucase abrite en effet l'Elbrouz, qui culmine à 5 643 mètres d'altitude, le Dykh-Taou (5 204 m), le Chkhara (5 193 m), le Kochtan-Taou (5 152 m) et le mont Kazbek (5 047 m). Malgré la présence de sommets plus élevés en Europe, le mont Blanc occupe une place particulière dans l'histoire de l'alpinisme.

L'Elbrouz est le plus haut sommet d'Europe continentale, culminant à 5 643 mètres d'altitude dans le Caucase
L'Elbrouz est le plus haut sommet d'Europe continentale, culminant à 5 643 mètres d'altitude dans le Caucase

Dès le XVIIIe siècle, il fascine explorateurs et scientifiques, avant que Michel-Gabriel Paccard et Jacques Balmat ne réalisent sa première ascension connue le 8 août 1786. Un exploit qui a contribué à faire de Chamonix un haut lieu de l'alpinisme.

Un sommet évoluant continuellement

Au-delà de sa première ascension, le mont Blanc fait également l'objet de mesures précises depuis maintenant plusieurs siècles. En 1775, une estimation par trigonométrie avait situé son altitude autour de 4 804 mètres. En 1863, les relevés topographiques du capitaine Jean-Joseph Mieulet fixent cette valeur à 4 807 mètres, une altitude qui est alors progressivement devenue la référence. Les travaux des frères Henri et Joseph Vallot, menés entre 1892 et 1894, permettent ensuite d'affiner cette mesure à 4 807,20 mètres.

En 1986, de nouvelles mesures réalisées par l'Institut géographique national (IGN) lors du bicentenaire de la première ascension du mont Blanc grâce au GPS évaluent son altitude à 4 808,40 mètres. Pourtant, la valeur traditionnelle de 4 807 mètres reste largement utilisée, car le sommet est recouvert d'une calotte de neige et de glace dont l'épaisseur varie au fil des saisons.

L'altitude du mont Blanc n'est ainsi pas fixe, ce qui explique la nécessité de renouveler régulièrement les mesures.

Depuis 2001, les géomètres-experts de Haute-Savoie effectuent régulièrement des mesures au sommet du mont Blanc afin de suivre l'évolution de son altitude. Celle-ci a connu des variations importantes au fil des campagnes, passant de 4 810,90 mètres en 2007 à seulement 4 805,59 mètres en 2023, son niveau le plus bas depuis le début de ces relevés.

Néanmoins, les dernières mesures, réalisées en septembre 2026, établissent désormais son altitude à 4 807,47 mètres, ce qui représente un gain de près de 1,9 mètre de la calotte sommitale du mont Blanc en 3 ans. Le sommet reste toutefois sensiblement plus bas qu'en 2024 et 2025, où il avait été mesuré respectivement à 4 808,51 et 4 808,76 m.

Ces fluctuations s'expliquent notamment par les variations de l'épaisseur de neige et de glace sommitale sous l'effet des précipitations, du vent et des conditions météorologiques. Comme le rappellent les géomètres-experts, «Chaque mesure ponctuelle n’a pas d’importance en soi […] mais sert à avoir des données qui vont être analysées dans le temps». L'objectif est ainsi de mieux comprendre l'évolution de la calotte sommitale au fil des décennies et de suivre ses réactions aux variations climatiques.