Une première en France : bientôt une réserve naturelle pour protéger la vie sous terre ?
C'est un projet vieux de 20 ans qui pourrait bientôt voir le jour : la plus grande réserve naturelle souterraine de France, en Ariège. À la clé, la protection de milliers de chauves-souris et d'amphibiens rares.

L'envergure de la réserve naturelle souterraine est sans précédent : elle regroupera une trentaine de grottes avec pour objectif de « valoriser et protéger » la « richesse cavernicole » du département « pas suffisamment mise en valeur », explique la sous-préfète chargée du dossier, Sophie Pauzat, à l'AFP.
Parmi les sites concernés se trouve la grotte emblématique du Mas d'Azil. Monumentale par sa taille, elle représente une ressource géologique exceptionnelle. « C'est une force de la nature qui se développe sur à peu près 420 mètres », souligne Anne-Sophie Gimeno, responsable des grottes au Service d'exploitation des sites touristiques de l'Ariège.
Une réserve souterraine inédite bientôt accessible à tous
Imaginé au début des années 2000, le projet a été relancé en 2019. Il fait partie de la stratégie nationale des aires protégées, qui vise principalement à classer « 30 % du territoire national sous protection. »
Le projet devrait également permettre au public de mieux connaître ces 29 grottes, réparties sur le territoire de 32 communes, sur une superficie totale de 1 140 hectares et qui « ne sont connues que de spécialistes, notamment des scientifiques et des spéléos. »

Ici, la réserve rendrait accessible des grottes naturelles, des cavités artificielles, des fissures rocheuses et des eaux circulant sous les cours d’eau. Son classement est encore en préparation avec une création espérée avant fin 2027.
Chauves-souris et amphibiens : des espèces rares à protéger
Plusieurs milliers de chauves-souris ont élu domicile dans les cavités des grottes car elles y trouvent des conditions favorables pour se reproduire ou passer l’hiver. La création d'une réserve serait l'opportunité de mieux contrôler le dérangement des animaux causé par l'activité humaine.
Dans le périmètre envisagé pour la réserve, vivent aussi des calotritons des Pyrénées, des amphibiens proches des tritons. Ces populations souterraines, isolées de celles vivant en surface, intéressent les scientifiques.

Car la réserve aura aussi pour vocation de soutenir la recherche scientifique, par exemple dans la grotte-laboratoire de Moulis, aménagée par le CNRS en 1954. L'évolution des calotritons des Pyrénées, entre autres, pourrait notamment éclairer les mécanismes de formation de nouvelles espèces.
Mais même sous terre, où les températures restent plutôt stables au cours de l'année, le réchauffement climatique se fait sentir. Les ressources en eau diminuent et rendent la survie de certaines espèces souterraines très fragiles.
Références de l'article
Audrey Sommazi. (24/09/2026). Le Monde.
GEO avec AFP. (06/09/2026). Géo.