Pluie, grésil, neige : pourquoi les giboulées ne sont-elles pas toujours observées en mars ?

Contrairement à une idée reçue, les giboulées ne se produisent pas uniquement durant le mois de mars en France. Comment expliquer ce phénomène ? Quelles sont les régions les plus concernées ?

Soleil, averses de pluie ou de grésil, voire de neige fondante, coups de tonnerre, fortes rafales de vent, puis une éclaircie, un arc-en-ciel, une nouvelle averse... Vous le connaissez, ce cocktail, qui vous rend fou pour trouver la tenue vestimentaire adéquate ? On nous le sert tous les ans : il s'agit des fameuses giboulées de mars !

Dans le sillage de la dépression Louis qui va donner cet après-midi des rafales de vent tempétueuses au Nord de la Loire, les premières giboulées de la saison seront observées entre la Bretagne, la Normandie et les Pays-de-la-Loire. Demain et samedi, ces giboulées concerneront une petite moitié Ouest du pays, surtout les côtes de la Manche et de l'Atlantique. Comment expliquer ce phénomène ?

Devrait-on parler de "giboulées de printemps" ?

Ces giboulées se caractérisent par la succession d'averses, dans un ciel changeant, et surtout par l'observation de grésil ou de grêle. Parfois, ces averses sont suffisamment fortes pour faire baisser drastiquement la température de l'air et donner de la neige jusqu'en plaine par isothermie, ou de la neige fondante.

Cette variation rapide et brutale de l'intensité et de la nature des précipitations (pluie, grésil, neige) est surtout visible en journée, lorsque le soleil réchauffe les basses couches de l'atmosphère, ce qui accentue l'instabilité, notamment sur les façades maritimes et au Nord de la Loire.

Elles se forment souvent à la fin de l'hiver, lorsque de l'air froid en altitude (vers 5.000 mètres) rencontre de l'air déjà doux et réchauffé par le soleil dans les basses couches de l'atmosphère (en-dessous de 1.500 mètres). Plus ce conflit de masses d'air (l'écart entre les deux masses d'air), est important, plus les courants ascendants sont forts, plus des nuages instables se forment : des cumulus congestus ou des cumulonimbus donnent alors des giboulées.

Ce sont les façades maritimes et les régions situées au Nord de la Loire qui sont les plus touchées par ce phénomène, qui peut cependant concerner toute la France. Les giboulées, qui se manifestent donc par une variation rapide et brutale de l'intensité des précipitations mais aussi de leur nature (pluie, grésil, neige) sont plus nombreuses et plus fréquentes en journée, lorsque le soleil réchauffe l'air, ce qui accentue l'instabilité.

Pour autant, parler de giboulées de mars est un abus de langage, puisque ce phénomène se produit souvent entre février et avril, voire jusqu'au début du mois de mai, autrement dit souvent au printemps ! D'ailleurs, dans certaines villes de la moitié Nord, comme à Lille, à Trappes, à Metz ou à Rouen, c'est en avril, selon Météo-France, que ces giboulées sont les plus fréquentes. Nous devrions donc presque parler plutôt de "giboulées de printemps"...

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