Les destinations touristiques ne sont plus les mêmes à cause du réchauffement climatique
Les destinations touristiques changent. Le réchauffement climatique a rebattu les cartes. Pour éviter les températures trop élevées de certaines zones, de plus en plus de vacanciers optent pour des pays plus frais.

Le four ibérique. C’est ainsi qu’elle surnommée Séville, en Espagne. Et pour cause ! Les voyageurs profitant de cette superbe ville y vont souvent pendant l’été, lorsque les températures sont à leur maximum. Alors que les pays d’Europe du Sud, tels que l’Espagne, l’Italie ou encore, la Grèce, remportaient auparavant tous les suffrages lors des vacances estivales, certains reconsidèrent la question à cause des conséquences du réchauffement climatique. Et l’industrie du tourisme en prend un coup.
« Les vagues de chaleur extrême ne sont plus un événement rare, elles sont devenues la nouvelle norme », assure le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres
Alejandro Saez Reale est spécialiste des vagues de chaleur et de leurs conséquences. Pour lui, les pays dans lesquels l’industrie du tourisme est importante sont les premiers concernés par ce changement de paradigme. « Nous sommes pratiquement certains que pendant les prochaines décennies au moins, voire les prochains siècles, il fera de plus en plus chaud. L'impact sur les pays qui dépendent du tourisme pourrait être considérable ». Et c’est bien due à l’activité humaine que ce changement s’opère.
La canicule, une raison suffisante pour éviter certains pays ?
Le problème, c’est que dans l’imaginaire collectif, la chaleur reste un facteur essentiel et positif pour choisir sa destination. « On considère encore que la chaleur est quelque chose de souhaitable. Les comportements, [dans le tourisme], vont devoir s'adapter et la clé pour y parvenir réside dans la communication sur les risques », explique Mehri Khosravi, docteure et spécialiste des épisodes de chaleur. La plage, le soleil et les séances bronzage restent des éléments pris en compte pour des vacances réussies.
« D'après les retours de nos membres, il semble que dans l'ensemble, les gens continuent de voyager comme ils l'ont toujours fait, appréciant les destinations méditerranéennes pendant les mois d'été. L'accroissement de l'intérêt pour les destinations un peu plus fraîches reste l'exception plutôt que la norme », affirme un porte-parole de l’ABTA, l'Association of British Travel Agents. Seulement voilà, les pays méditerranéens dépendent fortement de ce tourisme.

Et si certains commencent à opter pour les pays scandinaves ou d’autres pays ayant des températures plus douces, ces contrées chaudes ont plutôt intérêt à s’adapter pour éviter la perte de leurs visiteurs. Cependant, Jenny Southan, PDG de Globetrender, y voit au moins un point positif. « Les voyageurs prennent davantage conscience des questions climatiques, même s'il existe une tension inhérente entre la volonté d'explorer et le coût environnemental des voyages. La pression climatique pourrait constituer le déclencheur d'une nouvelle ère du voyage plus réfléchie et intentionnelle ».
Autre point positif, repris par plusieurs spécialistes : cette situation pourrait permettre une meilleure répartition des touristes. Certains choisiront de partir hors saison, tandis que d’autres opteront pour des pays plus frais, peut-être moins touristiques.

Enfin, d’autres continueront probablement à privilégier les pays chauds, mais les chiffres seront plus équilibrés. Seul problème : qu’adviendra-t-il des pays peu touristiques, qui risquent de voir une nouvelle vague de voyageurs arriver ?
Référence de l’article :
Les vagues de chaleur estivales bouleversent notre façon de voyager, Duncan Craig, 3 juin 2026, National Geographic