La France va-t-elle connaître des grêlons plus gros avec le réchauffement climatique ?
La taille des grêlons et la fréquence des chutes de grêle pourrait augmenter à l'avenir en Europe et en France selon une étude publiée dans la revue Nature, et ce à cause du réchauffement climatique. Une tendance qui ne serait pas sans conséquence.

Chaque année, les chutes de grêle engendrent de nombreux dégâts à travers la France avec des grêlons atteignant parfois des tailles impressionnantes. Une tendance qui pourrait s'accentuer dans les prochaines années selon une récente étude.
Plus de gros grêlons ?
Selon une étude publiée dans la revue Nature à la fin du mois de mai, il y aurait un lien entre le réchauffement climatique et la survenue des chutes de grêle dommageables dans les secteurs tempérés de l'hémisphère nord. Les chercheurs ont par ailleurs établi que le nombre de grêlons plus gros qu'une pièce de 2€ pourrait augmenter de près de 50% d'ici 2100 !
Les chercheurs ont en effet distingué dans leur étude les grêlons d'un diamètre inférieur à 30 mm et ceux d'un diamètre supérieur. On estime justement qu'un grêlon peut devenir dommageable aux véhicules et certaines infrastructures à partir de 3 cm de diamètre. Au delà de 7 à 8 cm de diamètre, les dégâts sont nombreux et étendus.
La grêle fait de gros dégâts dans le Médoc#hail #Medoc #France #grele #meteo @YvesPDB pic.twitter.com/B5xbd4t245
— Didier (@LetItShine69) June 19, 2024
Selon les scientifiques, le lien entre le réchauffement climatique et la taille des grêlons est assez simple. Un air plus chaud et humide est également plus instable, et plus l'instabilité est présente, plus l'énergie disponible pour la formation de virulents orages l'est aussi.
En effet, la taille des grêlons augmente au fur et à mesure de ses allez retour dans un nuage orageux. À chaque passage dans des zones riches en eau surfondue, il accumulera de nouvelles couches de glace et son diamètre augmentera en conséquence. De ce fait, plus les vents dans les nuages orageux seront intenses, plus les grêlons pourront faire des allez retour dans un cumulonimbus donc plus ceux-ci pourront atteindre une taille importante avant de retomber vers le sol.
Des conséquences notables
D'après l'étude en question, c'est notamment dans les régions au climat tempéré froid comme l'Amérique du nord, une partie de l'Amérique du Sud et l'Europe que l’augmentation de la taille des grêlons devrait être la plus significative.
Les modélisations réalisées par les chercheurs ont en effet démontré que la fréquence des grêlons de grande taille (supérieurs à 3 cm de diamètre) devrait augmenter de 38 à 47% dans ces régions en fonction de la quantité de gaz à effet de serre rejetée par les activités humaines. À l'inverse, l’occurrence de chutes de grêle de petite dimension (inférieure à 3 cm de diamètre) devraient diminuer de 4 à 8% d'ici la fin du siècle.
Cette augmentation de la taille et de la fréquence des grêlons pourrait donc avoir de lourdes conséquences au niveau économique. La grêle coûte en effet environ 80 milliards de dollars par an à l'échelle de la planète, un chiffre similaire à celui des cyclones ! En France par exemple, les chutes de grêle ont coûté 2,2 milliards d'euros aux assureurs en 2025, la deuxième année la plus coûteuse depuis le début des relevés en 1984.
Ainsi, le coup des chutes de grêle devrait continuer d'augmenter dans les prochaines années à l'échelle mondiale et notamment entre l'Europe, l'Amérique du nord et l'Amérique du sud. Avec des grêlons plus gros et plus fréquents, les dégâts sur les cultures, les véhicules et les infrastructures les dégâts augmenteront en effet exponentiellement, et ce en liaison au réchauffement climatique.
Référence de l'article :
Selon une étude, le changement climatique va provoquer des grêlons plus gros et plus destructeurs, Ouest-France et NewsFrance, 02/06/2026
Rising global hail damage potential in a warming world, Nature (27/05/2026), Shiyi Zhang (张诗怡), Qinghong Zhang (张庆红), John T. Allen et al.