Quels sont ces nuages bleus qui se forment dans la plus haute couche de l’atmosphère ?

Les nuages noctulescents présentent un intérêt réel pour la communauté scientifique, qui espère mieux comprendre ce phénomène qui se déroule dans une couche encore pleine de mystères de l’atmosphère, la plus haute de toutes.

Des nuages différents de ceux que l'on voit quotidiennement
Des nuages différents de ceux que l'on voit quotidiennement

Nuage bleu électrique. Il ne ressemble à aucun autre. Ni par sa taille, ni par sa couleur, ni par sa position. Il s’agit du nuage noctulescent. Une formation qui donne des informations précieuses aux chercheurs, qui souhaitent en savoir plus sur l’une des couches de l’atmosphère les moins connues par la communauté scientifique. Résultat : les experts cherchent à percer tous les mystères de ces nuages sans pareil.

Des nuages bleus, très hauts et faits de glace

Pour la météorologue Jen Carfagno, « les nuages noctulescents, c'est l'atmosphère qui se met en avant depuis la lisière de l'espace. Des ondulations fantomatiques d'un bleu électrique qui brillent longtemps après le coucher et avant le lever du soleil ». D’abord, ils se distinguent des autres types de nuages par leur position. Ils se forment à environ 80 km au-dessus de la surface terrestre, dans ce que l’on appelle la mésosphère.

La mésosphère est la couche la plus élevée de l’atmosphère

A titre de comparaison, les nuages blancs que nous observons régulièrement se forment, eux, à environ 20 km au-dessus de la surface de la Terre, dans une autre couche donc, appelée la troposphère. Celle-ci est, à l’opposée, la couche la plus basse de l'atmosphère. Quant à la composition, elle est forcément différente, avec une telle différence de kilomètres. En effet, dans cette couche atmosphérique, il peut y faire jusqu’à -130°C.

Le spécialiste des sciences de l'atmosphère Matt Makens explique la composition de ces géants bleutés. « Contrairement aux nuages météorologiques habituels, composés de gouttelettes d'eau ou de cristaux de glace dans la basse atmosphère, les nuages noctulescents sont constitués de cristaux de glace minuscules qui se forment autour de particules de poussière météorique dans la mésosphère ».

Des nuages observables une heure ou deux après le coucher du soleil
Des nuages observables une heure ou deux après le coucher du soleil

Les chercheurs sont à l'affût pour chasser ces nuages d’un autre genre. Alors, quand a-t-on le plus de chances de les observer ? « C'est en été qu'a lieu la meilleure combinaison de températures très basses dans la haute mésosphère et d'une humidité atmosphérique et d'une quantité de poussière suffisante pour former ces nuages aux confins de l'espace », assure la scientifique Jen Carfagno.

Pour augmenter ses chances, direction le Canada, la partie nord des États-Unis, ainsi que celle de l'Europe. La période estivale ? Ne serait-ce pas un peu contradictoire, sachant que ces nuages ont besoin d’un vrai refroidissement atmosphérique ? Non, car cette couche atmosphérique devient plus froide pendant l’été, à cause de la circulation atmosphérique. C’est cet événement climatique qui crée ces opportunités.

Il faut un air froid et sec pour que se forme ce nuage
Il faut un air froid et sec pour que se forme ce nuage

Mais une question se pose. Le réchauffement climatique va-t-il avoir des répercussions sur la formation de ces nuages ? Jen Carfagno explique qu’« il y a davantage de vapeur d'eau dans notre atmosphère en raison du réchauffement climatique et les nombreux lancements de fusées transportent probablement la poussière et la vapeur d'eau vers des latitudes plus élevées ».

Référence de l’article :

Comment repérer ces nuages bleu électrique qui se forment aux confins de l’espace ?, Stefanie Waldek, 12 juin 2026, National Geographic