Le Groenland est-il vraiment un eldorado minier ?

Le Groenland attire les convoitises, notamment celles des États-Unis. Alors que l’Europe fait front commun pour contrer les désirs du président Trump, le Groenland semble résulter d’un eldorado minier, grâce à son sol riche en métaux.

Un territoire de 2,1 millions de kilomètres carrés
Un territoire de 2,1 millions de kilomètres carrés

Chasse au Groenland. Le président des États-Unis, Donald Trump, fait aujourd’hui savoir son intérêt marqué pour le Groenland. Pourtant pays constitutif du Royaume du Danemark, le Groenland est géographiquement plus proche du Canada que de Copenhague, la capitale danoise. Trump se sert notamment de cette excuse pour expliquer la raison pour laquelle il s’intéresse tant à ce territoire qui, selon le président, servirait à la sécurité des États-Unis. Mais, en réalité, les terres groenlandaises seraient riches en métaux.

Le Groenland, terre de toutes les convoitises

En 2024, une étude menée par le GEUS (service géologique du Danemark et du Groenland) démontre que le Groenland possède sept gisements, lui conférant environ 36 millions de tonnes de ce que les scientifiques appellent “terres rares”. Des métaux, entre autres, tels que le zirconium, le lithium ou encore, le niobium. Seulement voilà, selon l’USGS, l’homologue américain de ce service géologique, ces terres rares groenlandaises ne représentent en réalité que 1,5 million de tonnes.

Alors, pourquoi un tel écart de chiffres ?

Pour Emmanuel Hache, directeur de recherche à l’Institut de relations nationales et stratégiques (IRIS), « on parle d’un potentiel géologique. Il faut prendre tous ces chiffres avec énormément de précautions. » Un “potentiel” qui n’est pas si facile d’accès, au Groenland. « Il n’y a pas de route entre les villages. Pour aller d’un point A à un point B, il faut prendre le bateau, l’avion ou l’hélicoptère. La côte est, par exemple, on ne peut y aller que depuis l’Islande », décrit Emmanuel Hache.

Et d’ajouter : « Cela veut dire que depuis la capitale, Nuuk, il faut prendre deux avions. Et chaque déplacement dépend en plus de la météo. Cet été, je suis restée bloquée cinq jours parce qu’aucun hélico ne décollait à cause du mauvais temps ». Pour le moment, deux mines sont en activité. Une mine d’anorthosites et une mine d’or. Et, à l’heure actuelle, l’usage de ces métaux est plutôt envisageable dans le futur. Le réchauffement climatique et la fonte des glaces pourraient accélérer le processus.

La fonte des glaces pourrait accélérer le processus
La fonte des glaces pourrait accélérer le processus

Le GEUS explique en quoi cela serait possible. « Le réchauffement climatique provoque le retrait de la calotte glaciaire, mais le taux de fusion n’est pas assez rapide pour exposer bientôt d’importantes nouvelles zones de terres pour l’exploration minérale. Par conséquent, il est peu probable que le potentiel minéral du Groenland change considérablement dans un avenir prévisible. Le réchauffement climatique pourrait cependant avoir d’autres effets plus indirects, tels que l’amélioration de l’accès aux gisements minéraux à mesure que la couverture de glace de mer diminue ».

L’inquiétude grandit face à la théorie du “capitalisme du désastre” de Naomi Klein. Face au profit, les enjeux climatiques ne font plus le poids et cela menace l’équilibre environnemental au niveau planétaire. Reste à savoir si ce front commun européen va résister, jusqu’au bout, à l’attaque de Donald Trump ?

Références de l’article :

Pourquoi tout le monde veut le Groenland ?

Groenland : avant le projet d'annexion de Donald Trump, ces territoires européens déjà achetés ou convoités par les États-Unis