L'ONU s’inquiète des phénomènes climatiques extrêmes à venir

Les Nations unies ont confirmé que la décennie écoulée a été la plus chaude jamais observée. Les chercheurs s'inquiètent de cette hausse des températures qui joue un rôle dans la fréquence et l’intensité de certaines catastrophes naturelles.

Johanna Castelle Johanna Castelle 26 Janv 2020 - 02:00 UTC
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La puissance de convection sera d’autant plus forte.

Depuis 15 ans, on observe environ 2 fois plus de catastrophes naturelles dans le monde, selon l’Observatoire des Catastrophes Naturelles, et cette progression est en partie liée au réchauffement climatique. Il est donc pressant de diminuer les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement planétaire. Or d’après le Global Carbon Project, la progression de ces émissions, en poursuivant son ascension, ne prend toujours pas la bonne trajectoire. Cependant, l’année 2019 marque une décélération de cette croissance effrénée des rejets carbonés : on note en effet une hausse de 1,5 % en 2017, 2,1 % 2018, et de 0,6 % en 2019.

Catastrophes naturelles et réchauffement climatique

Conséquence directe de l’augmentation des températures et des vagues de chaleurs : la sécheresse est exacerbée, contribuant ainsi à l'augmentation en nombre des incendies. Mais cette surchauffe de la Terre pourrait aussi conduire à une multiplication des inondations côtières. En effet, la hausse des températures provoque une élévation du niveau de la mer, en intervenant sur deux aspects : la quantité et le volume d’eau contenus dans les océans. Concernant la quantité ; l’élévation du mercure entraîne la fonte des glaces en Arctique et en Antarctique, faisant ainsi augmenter la quantité de l’eau. Mais un autre principe est à l’œuvre et agit sur le volume de l’eau ; lorsque celle-ci se réchauffe, elle se dilate, occupant ainsi un volume, et donc un espace, plus grand. Résultat, le niveau des océans monte inexorablement.

Le réchauffement climatique, en augmentant la température des océans, joue aussi un rôle sur l’intensité des ouragans. En effet, les ouragans naissent exclusivement au-dessus des mers chaudes dont la température est supérieure à 27°C. L’humidité et la chaleur constituent le carburant de ces phénomènes. Et si le contraste thermique entre la surface chaude et la haute atmosphère est suffisamment important, la puissance de convection sera d’autant plus forte, et l’ouragan plus violent. Il apparaît donc clairement que le réchauffement climatique augmente l’énergie globale absorbée par les ouragans, et amplifie leur virulence.

Scénarios pour le meilleur et pour le pire

Des chercheurs et ingénieurs ont établi différents scénarios de la hausse de la température moyenne mondiale. Dans le cas où l’économie conserve son cap actuel ; à savoir un modèle de production encore très émetteur de CO2 et sans une intégration substantielle des énergies renouvelables, la hausse des températures atteindra 4 à 6°C à la fin du siècle. En revanche, si l’on parvient à réduire immédiatement les émissions de CO2 à l’échelle du globe, et à la neutralité carbone en 2050, scénario le plus optimiste, cette hausse des températures se maintiendra tout juste sous les 2 °C. A contrario, le pire scénario prévoit une hausse jusqu’à 7°C d’ici 2100 si la croissance s’emballe.

A ce jour, la Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre, devant les États-Unis, devrait connaître une nouvelle hausse de ses émissions de CO2, avec 2,6% en 2019, pire que les deux années précédentes. Selon Eurostat, les pays de l’UE, quant à eux, ont réduit de 2,5 % leurs émissions de CO2 en 2018. Mais les fortes hausses enregistrées en Pologne et en Slovaquie ont endigué cet effort de réduction. Concernant la France, elle fait un peu mieux que la moyenne, avec un recul de 3,5 %.

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La Chine construit de nouvelles centrales à charbon malgré le réchauffement climatique.

Même si nous parvenions, dès à présent, à ne plus émettre de CO2 dans l'atmosphère, un « passif » de ces émissions demeure, et continue à faire son œuvre : une fois émis, le CO2 reste près d’une centaine d’années dans l’atmosphère. Il est donc d’autant plus urgent de juguler ce phénomène, en restant vigilant à ce que les mesures mises en place pour lutter contre le dérèglement climatique incluent un accompagnement des populations les plus fragiles dans cette voie.

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