IA : y a-t-il (toujours) un pilote dans l’avion ?
Dans un monde où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, dans un grand nombre de domaines, le remplacement du pilote fait débat, alors même qu’Airbus signe un accord avec le géant français de l’IA, Mistral AI.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Pour l’instant, oui. Mais pour combien de temps. Maintenant que Airbus et Mistral AI ont signé un accord technologique exclusif, peut-on vraiment penser qu’un jour, les avions ne seront pilotés qu’avec l’intelligence artificielle, sans action humaine ? Guillaume Faury, PDG d’Airbus, était présent lors du Paris Air Forum 2026. Pour lui, la question de l’intelligence artificielle dans l’aéronautique est loin d’être nouvelle.
Mais en quoi consiste l’idée d’intégrer l’IA dans l’aviation ?
Airbus et Mistral AI, entreprise française, s’associent donc pour intégrer l’IA au cœur du quotidien de plusieurs activités chez Airbus. Les avions, bien sûr, mais aussi les drones, les hélicoptères et l’ingénierie en général. D’ailleurs, Guillaume Faury affirme que le métier d’ingénieur aussi est en proie au changement. « Un ingénieur logiciel va de moins en moins coder. Il va de plus en plus se faire coder par des agents. »
Et si nos avions étaient pilotés par des robots à 100 % ?
Et d’ajouter : « mais on a quand même besoin de quelqu’un qui sait ce qu’il veut, qui est capable de s’assurer que la façon dont c’est fait n’est pas trop une mauvaise façon de le faire, et que ça a du potentiel pour le futur ». Même son de cloche du côté du pilote, qui interroge particulièrement les passagers. Il rappelle aussi que le métier même de pilote a déjà beaucoup changé depuis sa création.
« Il y a tellement d’opérations à faire dans un temps court, tellement d’informations à digérer, tellement de petites décisions à prendre, que l’informatique, les ordinateurs à bord, le logiciel et les données analysées par les machines sont devenus une réalité. Les pilotes n’ont plus le même rôle qu’avant », explique le PDG. Mais il affirme que les pilotes restent des maillons importants de la chaîne et qu’il n’est pas question de les remplacer.

Le pilote sera donc « probablement beaucoup plus un conducteur de mission qu’un pilote au sens historique du terme » pour le PDG, mais il assure que l’« on va continuer à avoir besoin de ces gens-là [...] Leur métier va changer, il va changer très, très vite. Mais il va continuer à exister, en tout cas pour un certain nombre d’objets civils ». Il semblerait que pour l’instant, seule la réticence des passagers soit un réel problème.
Mais alors, qu’en est-il des emplois ? C’est souvent l’une des premières questions posées concernant le remplacement de l’humain par la machine, bien que très régulièrement, la réponse consiste à dire que la machine peut aider, mais jamais remplacer. Le PDG d'Airbus ne fait pas exception et tend à rassurer sur ce point. « À la fin, je ne suis pas sûr qu’on ait détruit des emplois ».

Et d’ajouter : « il y a beaucoup de transformations dans les métiers. On est juste en train de gratter la surface. On ne sait pas encore complètement où on va ». Si la question est sur la table, il semble que nous avons quelques années devant nous avant qu’un avion soit piloté à 100 % par des machines.
Référence de l'article
Pierre Georges. (2026). L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les pilotes dans les avions et les ingénieurs chez Airbus ?.