En France, les produits ultra-transformés représentent près de 70 % de l’offre alimentaire en supermarché
Qu’est-ce qu’un produit brut ? Un produit transformé ? Un produit ultra-transformé ? Les scientifiques ont établi un classement pour distinguer les aliments. Et un autre classement pour distinguer les aliments dans la catégorie des produits ultra-transformés.

Produits ultra-transformés. Céréales du matin, sodas ou encore, pains de mie… Ce type de produits se retrouve partout dans les rayons de tous les supermarchés. On y trouve des sucres ajoutés, des colorants artificiels ou encore des épaississants, sur une liste d’ingrédients déjà particulièrement longue. Et il est généralement peu recommandé d’en consommer en grande quantité. Mais alors, à partir de quand un produit passe-t-il dans la catégorie des produits, non pas transformés, mais “ultra-transformés” ?
Comment les industriels font-ils pour créer des produits ultra-transformés ?
« On définit un aliment ultra-transformé comme un aliment qui contient ce qu'on appelle un marqueur d'ultra-transformation », explique le chercheur en alimentation préventive et durable Anthony Fardet. Grâce à la classification NOVA, conçue au Brésil au début des années 2010, les chercheurs ont commencé à étudier la classification d’un aliment en fonction de son degré de transformation. Mais alors, en quoi un aliment serait-il plus transformé qu’un autre aliment ?
Bruts, transformés, ultra-transformés… Des aliments sous toutes les formes
Pour créer ce classement, il y a quatre groupes distincts, allant du brut à l'ultra-transformé . Les aliments sont rangés dans l’une des cas catégories en fonction du nombre de transformations, mais aussi de la nature des traitements infligés. Le premier groupe correspond aux produits bruts et/ou peu transformés. En somme, un produit consommé directement, sans qu’il ne soit vraiment modifié. Anthony Fardet propose un exemple concret pour expliquer ce qu’il se passe lors de la classification.
Il évoque la première catégorie. « Quand vous cueillez un fruit et que vous le mangez, c'est brut, peu transformé, ça veut dire que ce sont des aliments qui ont pu subir un pelage, un broyage, une pasteurisation pour le lait, mais on n'ajoute rien. » Dans le deuxième groupe, on retrouve les produits extraits d’aliments bruts, tels que le sucre et le sel. La troisième catégorie résulte de la combinaison des aliments du premier groupe et de ceux du deuxième groupe. On arrive donc aux aliments transformés : le pain, les conserves ou encore les yaourts.

Et enfin, on retrouve les aliments ultra-transformés dans le dernier groupe. Ils ne sont pas si différents de ceux du troisième groupe, mais leur liste d’ingrédients est « deux à trois fois plus longues », explique le scientifique. Mais alors, qu’en est-il des aliments ultra-transformés ? Eux aussi, possèdent leur propre classement avec également quatre groupes. La première catégorie résulte des additifs cosmétiques. La deuxième catégorie réunit les arômes, quel que soit leur type.
La troisième catégorie est composée d’ingrédients tels que « des sucres invertis, des isolats de fibres de protéines, des graisses hydrogénées trans, des sirops de glucose », liste Anthony Fardet. Et enfin, la quatrième catégorie concerne les procédés industriels utilisés pour la fabrication du produit en question.

Alors, pour choisir de meilleurs aliments, il faut mieux regarder l’étiquette. Pour Anthony Fardet, « à partir de six ingrédients, vous avez au moins trois chances sur quatre que l'aliment soit ultra-transformé. » Et d’ajouter : « Si vous avez des personnages qui rappellent l'enfance sur l'emballage, c'est quasiment à 100 % ultra-transformé ». Opter pour des produits bruts, à cuisiner soi-même, permet de limiter la consommation de produits ultra-transformés.
Référence de l’article :
À partir de quand un aliment est-il considéré comme ultra-transformé ?, Solveig Blakowski, 3 juin 2026, National Geographic