Environnement : les antiparasitaires pour chiens et chats posent problème pour la nature et notre santé, lesquels ?

Collier, spray, pipette, les produits qui protègent nos animaux domestiques des puces, tiques et autres parasites s'avèrent aussi nocifs pour la planète, notamment en cas d'utilisation excessive. Considérés comme des insecticides, les spécialistes appellent à une utilisation raisonnable.
Les antiparasitaires pour nos animaux domestiques, utiles pour les protéger de diverses maladies, peuvent toutefois s'avérer néfaste pour la nature.
Les antiparasitaires pour nos animaux domestiques, utiles pour les protéger de diverses maladies, peuvent toutefois s'avérer néfaste pour la nature.

Le retour des beaux jours sonne aussi celui des tiques, puces et autres parasites, porteurs potentiels de maladies que l'on aimerait éviter de voir chez nos animaux de compagnie. Certaines peuvent s'avérer graves comme la piroplasmose, la borréliose (maladie de Lyme), ou encore la leishmaniose.

Des antiparasitaires s'imposent donc aux propriétaires d'animaux, souvent sous forme de pipette, de collier, de spray ou de comprimé. Or leur composition est faite de pesticides puissant, capables d'attaquer le système nerveux des insectes, qui se retrouvent ensuite dans la nature. Alors répulsifs utiles oui, mais à quel prix pour la planète et la santé ?

Des produits nocifs pour l'environnement et la santé

Parmi les produits régulièrement utilisés, on trouve le fipronil, notamment présent dans les gammes Frontline, Fiprotec ou Fiprokil. Les gammes Seresto ou Advantix/Advantage portent elle une autre molécule courante : l’imidaclopride, un néonicotinoïde. Il s'agit de deux produits interdits en agriculture en raison de leurs effets nocifs sur la biodiversité, notamment sur les pollinisateurs, mais qui restent autorisés en médecine vétérinaire.

Plusieurs études publiées en Grande-Bretagne dénoncent une forte pollution de vingt rivières par ces insecticides, avec les zones les plus contaminées situées près de lieux d'habitation. Les chercheurs concluent que la pollution est due aux antiparasitaires vétérinaires évacués dans les égouts.

Une seconde étude mentionnée par le média Vert, publiée en 2025 dans la revue VetRecord, confirme le risque pour les milieux aquatiques. Les pesticides, qui subsistent au moins 28 jours dans l'eau, affichent des seuils bien au-dessus des limites de sécurité fixés par l’Agence européenne des produits chimiques.

Quelles alternatives ?

Compte tenu de leur toxicité environnementale, la question des effets des antiparasitaires sur la santé se pose également. « Ces molécules sont globalement moins dangereuses pour les mammifères, mais pas sans risque », explique Vert. Selon l’Anses, l’imidaclopride peut provoquer des effets neurotoxiques chez le chien (tremblements, ataxie) en cas d’exposition prolongée à de fortes doses.

« Il n’existe pas encore d’évaluation des risques environnementaux pour les antiparasitaires externes des animaux domestiques. Comme tout médicament vétérinaire, on évalue toutefois leur toxicité pour l’animal et l’utilisateur », explique à Vert, Philippe Berny, professeur de pharmacie et toxicologie à VetAgro Sup.

Pour les chats qui vivent en intérieur ou les chiens à poils courts, il n'est pas nécessaire de traiter l'animal toute l'année, une inspection en retour de promenade peut suffire. Il existe aussi des répulsifs naturels à base d’huile essentielle (à utiliser avec précaution car certaines peuvent être toxiques) ou la poudre de diatomée.

Références de l'article :

Vert, Collier, spray, pipette : quel est l’impact des antiparasitaires pour chiens et chats sur l’environnement et notre santé ?