Doit-on craindre une nouvelle canicule en août ?

Après deux canicules exceptionnelles en juin et en juillet, les températures ont retrouvé depuis un niveau un peu plus normal pour la saison. Pour autant, le risque de canicule pourrait de nouveau faire parler de lui ces prochaines semaines.

Guillaume Woznica Guillaume Woznica 03 Août 2019 - 02:00 UTC
Après deux canicules en juin et en juillet, l'est de la Bretagne pourrait connaître un nouveau pic de chaleur en août.
Après deux canicules en juin et en juillet, l'est de la Bretagne pourrait connaître un nouveau pic de chaleur en août.

La première partie de l'été s'étirant du 21 juin, jour du solstice, au début du mois d'août a été marquée par deux canicules d'une intensité rare. Celle de la fin juin a vu le thermomètre atteindre 46°C sous abri dans le Gard, un niveau jusque-là atteint dans seulement 4 pays européens. Celle qui a suivi moins d'un mois plus tard aura été inédite cette fois-ci dans les régions de la moitié nord avec une valeur maximale de 42,4°C relevée dans Paris, soit 2°C de plus que le précédent record absolu datant de juillet 1947. Depuis, les thermomètres ont retrouvé un niveau plus raisonnable, tout en se maintenant sensiblement au-dessus des normales de saison.

Vers un nouveau pic de chaleur à la mi-août

Ce changement de situation météo qui s'est opéré au cours des derniers jours de juillet est dû à l'anticyclone des Açores qui s'est progressivement décalé et rétracté en direction de son lieu de villégiature habituel, à savoir au sud-ouest du Portugal. Ainsi, les dépressions qui circulent sur le nord de l'Europe apportent parfois davantage de nuages voire des averses jusque dans les régions septentrionales de la France. Pendant ce temps, la moitié sud conserve un temps plus ensoleillé et aussi plus chaud, avec ponctuellement 35 à 38°C dans les régions méditerranéennes.

Ce temps contrasté nord-sud se maintiendra tout au long de la semaine prochaine, jusqu'aux alentours du 11 ou 12 août. Après cette période "mitigée" pour certains vacanciers, les hautes pressions devraient à nouveau regonfler. De cette manière, le soleil sera de retour dans toutes les régions et selon toute vraisemblance, il s'accompagnera d'une nouvelle hausse des températures. Un pic de chaleur est même envisagé autour de la mi-août, se prolongeant jusque vers le 20 du mois. Même si la prévision d’une canicule ne s’effectue que quelques jours à l’avance, cette période devra être suivie avec attention.

Jamais deux sans trois ? Un nouveau pic de chaleur pourrait également concerner le sud-ouest au cours de ce mois d'août.
Jamais deux sans trois ? Un nouveau pic de chaleur pourrait également concerner le sud-ouest au cours de ce mois d'août.

Un risque plus faible en septembre

Les derniers jours du mois d'août devraient renouer avec un temps plus instable et plus frais sur la majeure partie du pays. Quid de septembre ? Avec des jours plus courts et donc logiquement, des nuits plus longues que lors du solstice, le risque de canicule diminue nettement avec l'arrivée de la rentrée des classes. Lorsque les températures s'envolent entre la fin août et la première quinzaine de septembre, il s'agit essentiellement de pics de chaleur plutôt que de canicule à proprement dite. Les valeurs les plus élevées sont alors généralement un peu plus basses et la durée est également plus courte. Ainsi, la dernière période de très fortes chaleurs à ce moment de l'année date de 2017 et avait essentiellement touché quelques départements du centre-est du pays.

Cette question autour d'une éventuelle canicule en août intervient alors qu'un groupe de chercheurs du réseau World Weather Attribution a mené une étude sur les deux précédentes canicules qui ont touché la France et une partie de l'Europe de l'ouest. Selon le rapport qui vient d'être publié, le changement climatique imputable aux activités humaines y a joué un rôle très concret, provoquant une hausse des températures estimées à environ 1,5 à 3°C. Or « sans le changement climatique induit par les humains, une canicule aussi exceptionnelle que celle-ci aurait eu des températures environ 1,5 à 3°C moins élevées. De plus, un tel événement aurait eu une probabilité extrêmement faible de se produire en France » sans ce changement climatique.

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