Selon les scientifiques, le changement d’heure est la cause de nombreux problèmes de santé

Va-t-on voir le changement d’heure disparaître de nos quotidiens ? Pour les scientifiques, cela pourrait être une très bonne chose pour la santé. Selon eux, la suppression du changement pourrait éviter de graves problèmes de santé.

Le changement d'heure perturberait notre rythme circadien
Le changement d'heure perturberait notre rythme circadien

Changement d’heure. Chaque année, c’est la sempiternelle question : dort-on plus, dort-on moins ? C’est ce qui nous préoccupe en premier, lorsque l’on passe à l’heure d’hiver ou à l’heure d’été. Mais pendant que nous réorganisons notre emploi du temps en fonction du soleil, les scientifiques s’interrogent différemment. Cette heure, que l’on ajoute ou que l’on supprime en fonction de la période de l’année, doit-on l’abolir définitivement ? En effet, pour les experts, cette disparition pourrait bien éviter un grand nombre de décès.

La suppression du changement d’heure permettrait d’éviter certains AVC et cas d’obésité

C’est tout le rythme circadien qui en prend un coup. Dès lors que l’heure change, l’organisme doit se réadapter et, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, une heure de différence, ça fait déjà, justement, la différence. Le neurologue Alex Desautels exerce à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, au Canada. Pour lui, la santé de la population mondiale est en jeu. « C’est un pas de plus pour montrer que garder l’heure normale serait bénéfique pour la santé de la population ».

Les pays pourraient-ils se montrer favorables à cette mesure ?

Et il n’est pas le seul à entrevoir tous les bénéfices sur la santé si cette abolition a lieu. En Californie, les experts de l’université de Stanford affirment que, grâce à ce changement, les États-Unis pourraient éviter 300 000 AVC par an et 2,6 millions de personnes atteintes d’obésité. Des chiffres non négligeables, notamment au pays de l’Oncle Sam, dans lequel l’obésité fait partie des enjeux de santé majeurs. Selon les travaux, le passage à l’heure normale réduirait de 0,09 % le nombre d'accidents vasculaires cérébraux et de 0,78 % l'obésité.

Un coût faramineux, aussi bien pour l’hygiène de vie que pour l’économie. Et si, jusqu’à présent, les travaux restaient principalement théoriques, les données récentes semblent changer la donne. « Jusqu’à maintenant, on avait seulement des évidences théoriques des bienfaits du fait de conserver l’heure normale. […] On sort du champ théorique avec cette étude-là. Ce sont des données qui sont plus ancrées dans la réalité populationnelle », explique le docteur Desautels.

L'obésité diminuée grâce à l'abolition du changement d'heure
L'obésité diminuée grâce à l'abolition du changement d'heure

Pour un cycle circadien le plus optimal possible, l’être humain a besoin de deux choses : de la lumière naturelle en journée et de pénombre le soir. Le problème, c’est qu’avec le changement d’heure, cette alternance jour-nuit est gravement impactée. Sans compter l’usage de lumière bleue à outrance en soirée. Smartphone, télévision et autres écrans viennent participer à ce dérèglement qui entraîne irrémédiablement des conséquences sur la santé.

« On le sait, l’exposition à la lumière le matin pour synchroniser notre horloge circadienne, c’est bénéfique. Le fait d’avoir un ensoleillement diminué en soirée, c’est aussi bénéfique parce que ça augmente la privation de sommeil » assure le neurologue. Et si de nombreux pays se montrent favorables à cette idée, pour l’instant, rien n’est fait. Pour Alex Desautels, les politiques se doivent de suivre les recommandations des experts. « Je pense qu’il faut aller avec les données scientifiques pour prendre cette décision-là, pour avoir une décision éclairée ».

Références de l’article :

L’abolition du changement d’heure pourrait sauver des vies

Troubles du rythme circadien