Est-il trop tard pour améliorer notre capacité de concentration ? Pas forcément, selon les scientifiques
Notre capacité à nous concentrer sur une seule tâche et à y rester a diminué de manière significative depuis les vingt dernières années. En moyenne, notre attention ne dépasse pas les 40 secondes et cela inquiète les scientifiques.

Problème d’inattention. Combien de temps restez-vous focalisé sur une tâche à effectuer avant de porter votre attention sur quelque chose d’autre ? Scroller sur les réseaux sociaux, vérifier vos emails, regarder une notification sur votre smartphone ? Si vous n’êtes pas en mesure de donner une réponse exacte, pas d’inquiétude. Des chercheurs se sont penchés sur la question. Et il semblerait que notre capacité d’attention ait été en fort déclin au cours des deux dernières décennies.
En moyenne, il nous faut 40 secondes pour être déconcentré de notre tâche principale
Gloria Mark est professeure à l’université de Californie, à Irvine. Elle s’est d’abord intéressée à l’étude du sujet en présentielle, en suivant des employés lors de leur journée de travail. Désormais, c’est un logiciel qui traque leurs moindres faits et gestes. « Les données de notre première étude, en 2003, ont révélé que les individus passaient 2 minutes et 30 secondes en moyenne sur une tâche avant de diriger leur attention vers une autre. Notre étude la plus récente, réalisée au cours des cinq dernières années, montre que ce chiffre est descendu à 40 secondes ».
Une situation inquiétante, mais pas irréversible, selon les experts
L’étude distingue deux types d’attention. D’abord, l’attention dite involontaire : c’est lorsque vous êtes concentré sur une tâche et que le téléphone sonne soudainement, par exemple. Votre attention se déporte donc ailleurs. Enfin, il y a l’attention dite dirigée : c’est celle qui intéresse les chercheurs. Il s’agit de l’attention que l’on porte de manière volontaire à une tâche précise. Le problème, c’est que cette attention volontaire est mise à rude épreuve, notamment à cause du scroll sur les réseaux sociaux.
Et beaucoup décident de se voiler la face en nommant leur manque d’attention du multitasking. C’est l’idée d’être capable de faire plusieurs choses à la fois et donc, de faire preuve d’une efficacité et d’une productivité hors norme. Mais la réalité est toute autre : personne n’est capable d’être multitâche et, au niveau cognitif, c’est particulièrement délétère. Non, vous ne faites pas “plusieurs choses à la fois”, vous dirigez votre attention sur une chose, puis sur une autre et ce, jusqu’à l’épuisement cérébral.

Amishi Jha est professeure à l’Université de Miami, aux États-Unis. Elle explique comment notre cerveau ne peut traiter qu’une seule information à la fois en utilisant la métaphore d’une lumière qui ne peut éclairer qu’une seule chose à la fois. « Nous n’avons qu’une lampe de poche. Donc nous ne pouvons pas la braquer sur plusieurs choses à la fois ». Pour elle, le multitâche ne résulte que d’une attention limitée apportée à plusieurs situations. Une chose à éviter absolument si l’on souhaite améliorer sa capacité de concentration.
La bonne nouvelle, c’est que l’on peut inverser cette situation. Les scientifiques préconisent, par exemple, la technique pomodoro, qui consiste à travailler pendant 25 minutes et prendre une vraie pause de 5 minutes, de préférence sans écran. Il faut également connaître son mode de fonctionnement, son chronotype, afin de savoir quand vous êtes le plus productif. « Nous savons tous que l’activité physique quotidienne est indispensable à notre bonne santé physique. Et désormais, nous savons également que nous pouvons faire quelque chose pour exercer notre esprit », conclut Amishi Jha.
Références de l’article :
Notre capacité de concentration n’est plus que de 40 secondes. Mais ce n’est pas irréversible