Vers un super El Niño possiblement record dès cet été ? La France sera-t-elle concernée ?
Et si un super El Niño se mettait en place du côté du Pacifique d'ici cet automne ? Ce phénomène climatique pourrait-il avoir des conséquences jusqu'en Europe et en France ?

Les probabilités qu'un super El Niño se mettent en place d'ici cet automne du côté du Pacifique équatorial, ce qui pourrait avoir de nombreuses conséquences sur le climat mondial.
Un super El Niño assuré ?
Si la majorité des modèles de prévisions à long terme sont aujourd'hui d'accord sur le fait que le phénomène El Niño va faire son retour entre cet été et cet automne, certains modèles sont assez impressionnants concernant l'intensité de celui-ci. C'est par exemple le cas du modèle européen ECMWF, sa dernière actualisation envisageant une forte probabilité d'un super El Niño pour cette même période.
C'est vers cette seconde option que tendent la majorité des scénarios du modèle européen, une tendance qui était déjà apparue dans l'actualisation du mois dernier, et qui s'affirme donc aujourd'hui.
Super El Niño is coming, based on the ECMWF forecast from the start of April, global temperatures would probably reach record highs in 2027 if it were to come off like the ensemble forecast currently has it. There would be a considerable amount of energy in our oceans pic.twitter.com/DtWtV2yfwp
— MetJam (@MetJam_) April 5, 2026
Selon Paul Roundy, professeur de sciences atmosphériques à l'Université de New-York, il existe aujourd'hui « un réel potentiel pour que le prochain épisode El Niño soit le plus puissant depuis 140 ans », battant au passage le record d'intensité d'El Niño établi en décembre 2025. Cette année là, les anomalies de températures de surface du Pacifique Équatorial avaient atteint +2,8°C par rapport aux moyennes.
Aujourd'hui, l'anomalie moyenne des scénarios du modèle européen ECMWF se situe à +2,5°C, ce qui veut dire que bon nombre de scénarios sont véritablement intenses concernant ce futur El Niño, preuve du potentiel pour les mois à venir. Or, la mise en place d'un super El Niño pourrait avoir de lourdes conséquences sur le climat mondial, conséquences qui pourraient se faire ressentir jusqu'en France.
Des conséquences planétaires
Le phénomène climatique El Niño est connu pour provoquer une augmentation temporaire des températures moyennes à l'échelle de la planète. Depuis le début des relevés climatiques, les épisodes El Niño les plus intenses ont presque toujours engendré des années records en termes de chaleur à l'échelle du globe, comme ce fut par exemple le cas lors du dernier épisode en date ou durant l'année 2016.
Ceci s'explique par le fait que, durant El Niño, la chaleur accumulée dans les eaux de surface du Pacifique équatorial se propage dans l'atmosphère au niveau des tropiques dans cette partie du globe, avant d'être redistribuée à travers la planète par la circulation atmosphérique globale. En général cette redistribution de chaleur atteint un pic durant les mois de décembre ou janvier suivant la mise en place d'El Niño.
Ainsi, El Niño a des conséquences parfois notables sur le climat mondial, conséquences qui pourront être visibles dès cet été. Selon les dernières prévisions, la période juillet-septembre pourrait ainsi être très sèche entre le centre et le nord de l'Inde mais également entre l'Afrique centrale, une partie de l'Australie, les Philippines, certains secteurs de l'Amérique centrale et du nord du Brésil.

À l'inverse, des pluies plus intenses et fréquentes sont attendues au Pérou et en Équateur, dans certaines parties de l'Afrique du Nord et de l'Est, au Moyen-Orient et près de l'équateur dans le Pacifique. La mise en place d'un super El Niño pourrait également drastiquement réduire le nombre de cyclones dans l'Atlantique alors qu'il pourrait au contraire favoriser leur formation du côté de l'est du Pacifique.
Les conséquences du phénomène El Niño sont néanmoins encore sujettes à de nombreux débats du côté de l'Europe et donc de la France, qu'il soit intense ou non. En effet, ce phénomène climatique semble avoir moins d'influence sur le temps européen que dans le reste du globe selon plusieurs études réalisées sur le sujet.
Many areas will probably experience more intense heat waves this year, influenced by El Niño.
— Ben Noll (@BenNollWeather) April 6, 2026
That includes the western and southern U.S., Mexico, Central America, South America, large parts of Europe, Africa, the Middle East, India, Indonesia and Australia. pic.twitter.com/cVefJRaUKS
Malgré tout, selon les dernières prévisions, le phénomène pourrait tout de même favoriser la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur cet été en France. Les modèles saisonniers font également état d'une période allant de juillet à septembre plus instable et humide sur une large partie sud du pays, tandis que le temps pourrait rester plus sec sur le nord du pays sous l'influence de hautes pressions récurrentes sur le nord du continent européen, de façon similaire à ce que nous avons pu connaître ces derniers mois. À suivre donc.
Référence de l'article :
Strongest El Niño in a century? What this rare phenomenon could bring, The Washington Post (06/04/2026)