Émissions de gaz à effet de serre : une baisse trop lente en France pour atteindre les objectifs de 2030

Les objectifs d'émissions de gaz à effet de serre que la France s'était fixés pour 2030 semblent de plus en plus inatteignables. Même si les chiffres sont en constante diminution, celle-ci est trop lente, selon le dernier baromètre mensuel du Citepa.

La ville de Lyon embrumée dans un nuage de pollution atmosphérique.
La ville de Lyon embrumée dans un nuage de pollution atmosphérique.

Alors que la planète continue de battre des records de chaleur et de pollution de l'air, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France s’est limitée à 1,5 % en 2025, pour atteindre 364 millions de tonnes d’équivalent CO2 hors puits de carbone. Ce rythme est jugé trop lent pour respecter les objectifs climatiques nationaux de 2030.

Cette conclusion se base sur la dernière mise à jour en date du baromètre mensuel du Citepa publiée mardi 7 avril 2026. La baisse des émissions en France marque un net recul par rapport à celles observées en 2022 et 2023 (-6,8%), où le rythme était deux à quatre fois plus rapide. « La tendance à la baisse des émissions se maintient, bien qu’à un rythme ralenti », indique Citepa dans un communiqué.

Une baisse bien en-dessous des objectifs fixés

La troisième stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), document qui fixe les grandes orientations et objectifs de réduction des gaz à effet de serre, pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, fixe une réduction des émissions de GES de 4 % par an. La France en est loin.

En France, « les reculs sur les politiques publiques de transition écologique se paient cash avec des émissions de gaz à effet de serre qui ont baissé trois fois moins vite que les objectifs climatiques nationaux en 2024 et 2025 », pointe Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat (RAC) citée par Sud Ouest. Elle dénonce aussi un bilan « déplorable » des différents gouvernements depuis 2024 et appelle les pouvoirs publics à une « réaction forte. »

Le secteur des transports et de l'énergie en ligne de mire

Le secteur des transports, qui représente 34 % des émissions françaises, n’a réduit ses émissions que de 1,4 % en 2025. Selon le Citepa, « cette baisse est principalement liée au transport routier (94 % des émissions), où l’on observe une diminution des ventes de carburants en dépit d’une légère hausse du trafic [...] Par ailleurs, le transport aérien domestique poursuit sa diminution. »

En parallèle, la reprise des activités de raffinage, particulièrement marquée au quatrième trimestre, a fait augmenter les émissions de ce secteur de 10 % sur l’année.

Le secteur qui contribue le plus à la baisse des émissions françaises est celui de l’industrie manufacturière, dont les émissions reculent de 3,5 % sous l’effet du repli de certaines activités particulièrement émettrices, comme la métallurgie et le ciment, et de la diminution de la consommation de combustibles fossiles.

Références de l'article :

Citepa, Données | gaz à effet de serre

Sud Ouest, Environnement : la baisse des émissions de gaz à effet de serre reste « insuffisante » en 2025 en France

Reporterre, Gaz à effet de serre : en France, une baisse trop lente pour atteindre les objectifs de 2030