Météo, canicule... Début d'été très frais au Sahara : quel impact en France, qui s'apprête à vivre un mois suffocant ?

Ce début juillet, les températures sont largement en dessous des moyennes de saison au Sahara. Cela peut-il influencer la suite de l'été en France, où les prévisions sont très chaudes ?

Depuis le solstice d'été, de vastes zones d'Afrique du nord enregistrent des températures assez nettement inférieures aux normales de saison. C'est le cas du Sahara où la chaleur est peu marquée en ce début de mois de juillet.

Alors que les perspectives restent très chaudes en France et que nous guettons l'arrivée d'une troisième canicule, un Sahara moins chaud qu'en temps normal peut-il avoir une influence sur la suite de l'été dans notre pays ?

Températures nettement sous les normales au Sahara

Habituées aux chaleurs intenses, les régions sahariennes connaissent une météo presque "tempérée" depuis plusieurs semaines. L'anomalie fraîche a débuté autour du solstice d'été avec une dernière décade de juin ayant affiché des températures inférieures aux normales de saison sur une vaste partie du Sahara.

Cette anomalie fraîche se poursuit en ce début de mois de juillet. Actuellement, la quasi-totalité du territoire algérien connaît des températures inférieures aux moyennes de saison. Dans le Sahara algérien, le Grand Erg occidental enregistre des températures jusqu'à 10 à 13°C en dessous des moyennes de saison.

Températures jusqu'à 13°C sous les normales en Algérie ce début juillet
Températures jusqu'à 13°C sous les normales en Algérie ce début juillet

Malgré cette anomalie "fraîche", les températures atteignent tout de même 35 à 40°C durant les après-midi mais ces zones sont habituées à enregistrer des températures supérieures à 45°C, s'approchant parfois même des 50°C. De plus, il y fait parfois moins de 25°C la nuit, ce qui est assez peu commun en juillet.

Vous pouvez retrouver nos prévisions météo au quotidien en nous suivant dès maintenant sur WhatsApp.

Ces températures sous les normales s'expliquent assez facilement. Fin juin, un anticyclone et un dôme de chaleur étaient centrés sur la France puis la situation se répète au dessus du golfe de Gascogne ce début juillet. Comme les vents tournent autour de l'anticyclone dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est un flux de nord-est qui concerne le nord du continent africain.

Sous l'effet de l'anticyclone atlantique, un flux de nord-est concerne le nord de l'Afrique
Sous l'effet de l'anticyclone atlantique, un flux de nord-est concerne le nord de l'Afrique

Ainsi, les masses d'air très chaudes qui concernent le Sahara tendent à remonter vers l'Atlantique, survolant notamment le Portugal et le golfe de Gascogne. Dans les régions sahariennes, ce positionnement de l'anticyclone favorise donc plutôt des températures en dessous des valeurs habituelles.

Faut-il s'attendre à un impact en France ?

Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas la température au Sahara qui détermine directement l'intensité des vagues de chaleur françaises. Les épisodes caniculaires qui touchent la France dépendent notamment de la position des anticyclones et des dépressions sur l'Atlantique et l'Europe.

Comme nous l'avons vu lors de l'intense canicule du mois de juin, le blocage d'un anticyclone au dessus de la France peut suffire à lui seul à générer une canicule. Un dôme de chaleur peut alors se former, même sans remontée d'air chaud d'Afrique. En compressant l'air vers le sol, les hautes pressions le réchauffent au fil des jours. Si l'anticyclone fait du sur-place, la chaleur peut devenir record.

La présence d'un Sahara temporairement plus frais pourrait tout au plus limiter très légèrement le potentiel maximal de certaines masses d'air. Mais cet effet reste marginal face à la puissance d'un anticyclone associé à un dôme de chaleur qui viendrait se positionner aux abords de la France.

De plus, les sols français sont désormais très secs. Cette sécheresse favorise un réchauffement encore plus rapide de l'air : lorsqu'il n'y a que très peu d'humidité pouvant s'évaporer dans le sol, une grande partie de l'énergie solaire chauffe directement les basses couches. Cela peut amplifier localement les températures, indépendamment de ce qu'il se passe en Afrique du Nord.