Dans le Parc des Ecrins, les règles du bivouac se durcissent pour préserver la montagne
Après les Calanques de Marseille, le parc national des Ecrins prend des mesures pour limiter l'accès à certaines zones en cas de surfréquentation en été. Et rappelle les principes du bivouac.

Une photo postée sur LinkedIn le 15 août 2025 montre une vallée transformée en vaste terrain de camping comme pour un festival. Il s'agit pourtant d'un simple bivouac le temps d'un grand week-end estival près du Lac de la Muzelle, dans les Deux-Alpes. La photo avait été postée par Samuel Sempe, le directeur par intérim du Parc national des Écrins, et avait fait le buzz sur les réseaux sociaux. 215 tentes plantées en simultané - une « fréquentation inédite », reconnaissait Samuel Sempe, en cet unique week-end de trois jours de l’été 2025.
Concilier fréquentation et préservation du milieu
Cet exemple illustre un grand défi pour les acteurs du tourisme dans des sites naturels surfréquentés : comment préserver les sites sans en interdire l'accès ? Le Parc national des Écrins vient d’apporter sa réponse à travers un arrêté du 16 juin 2026. Le site rappelle la nécessité de « concilier la fréquentation du cœur du parc national avec la préservation des milieux naturels, des paysages naturels et de la tranquillité de la faune sauvage ».
Sur certains sites emblématiques, le parc observe un « doublement du nombre de tentes observé entre 2021 et 2025 sur plusieurs secteurs de référence », avec les impacts qui s'en suivent sur les milieux naturels. « Cet arrêté n’est pas un texte d’interdiction, souligne Samuel Sempe. C’est un outil de protection et de clarification pour garantir que la montagne reste un espace partagé, où la tranquillité de la faune sauvage et la fragilité des milieux sont pleinement respectées. »
Le bivouac n'est pas un campement
Dans une démarche pédagogique, le nouvel arrêté rappelle les principes du bivouac, qui se distingue du campement - interdit dans le cœur du parc national : « installation légère et temporaire destinée à permettre de passer une nuitée en plein air, éventuellement au moyen d'une tente de petite dimension ne permettant pas la station debout ». Les conditions précisent donc que le bivouac se pratique après 19h avec un démontage avant 9h et rappellent le caractère itinérant de la pratique limitant la durée de l'installation à une seule nuit sur un même site. Enfin, les tentes doivent rester « à plus d’une heure des limites du cœur de parc ou des parkings ».

La nouvelle réglementation établit aussi des limitations. Sur les rives des lacs du Lauvitel et de la Muzelle, le bivouac s’avère « interdit à moins de 500 mètres du bord du lac à l’exception des zones dédiées au bivouac délimitées par une signalétique implantée sur ces sites », est-il précisé.
Par ailleurs, l’article 5 prévoit que « le directeur du parc national peut, par décision particulière, limiter le nombre maximal de bivouacs ou de tentes autorisés sur certains sites » et « instaurer un dispositif de réservation préalable ou d’autorisation nominative ». Une mesure qui n'est pas sans rappeler celle d'autres sites naturels concernés par le surtourisme comme le parc national des Calanques, l'île de Bréhat, en Bretagne, ou encore le Colorado provençal dans le Luberon.
Référence
Surtourisme : le Parc des Écrins resserre les règles du bivouac, Linda Lainé, le 26 juin 2026