Le NHC confirme que ce début de saison des ouragans dans l’Atlantique est le plus calme depuis au moins 60 ans

Depuis le début de l’année, cinq tempêtes tropicales se sont formées dans l’Atlantique, toutes de courte durée. Nous vous expliquons pourquoi la saison est jusqu’à présent si calme.

Sur les images satellites du 5 septembre, aucune activité cyclonique tropicale n’est observée. Le bassin apparaît relativement dégagé, avec un peu de poussière saharienne à l’est.
Sur les images satellites du 5 septembre, aucune activité cyclonique tropicale n’est observée. Le bassin apparaît relativement dégagé, avec un peu de poussière saharienne à l’est.

Alors que trois ouragans frappaient le Pacifique, le bassin Atlantique restait étonnamment calme, à l’approche même du pic de la saison cyclonique, prévu autour du 10 septembre.

Le calme est tel qu’un record pourrait bientôt être battu.

La date la plus tardive à laquelle le premier ouragan de la saison s’est formé dans l’Atlantique est le 12 septembre. Depuis le début des observations satellitaires en 1966, seules sept années n’ont enregistré aucun ouragan dans l’Atlantique au cours du mois de septembre.

Selon le National Hurricane Center (NHC), aucune activité cyclonique n’était prévue au cours des sept jours suivants, au matin du 5 septembre. L’Atlantique pourrait ainsi égaler le record historique.

Cela signifie que, pour le moment, tout porte à croire que la formation du premier ouragan de l’année sera la plus tardive jamais enregistrée.

El Niño, qui pourrait bientôt battre des records, est en cause

Le principal facteur expliquant le calme relatif de la saison cyclonique dans l’Atlantique se trouve dans le Pacifique : El Niño. Déclaré il y a quelques mois, ce phénomène continue de s’intensifier. Les modèles actuels indiquent qu’il pourrait devenir l’épisode El Niño le plus puissant jamais enregistré.

Les températures de surface de la mer sont extrêmement élevées dans l’ensemble du Pacifique équatorial, tandis qu’El Niño continue de se renforcer.
Les températures de surface de la mer sont extrêmement élevées dans l’ensemble du Pacifique équatorial, tandis qu’El Niño continue de se renforcer.

Lors des épisodes El Niño, l’activité cyclonique dans l’Atlantique a généralement tendance à diminuer. Cette phase du cycle ENSO renforce en effet le cisaillement des vents sur l’ensemble du bassin, c’est-à-dire la variation de leur vitesse et de leur direction avec l’altitude. Ce cisaillement accru tend à désorganiser les tempêtes qui parviennent à se former.


Par ailleurs, les perturbations venues d’Afrique, souvent à l’origine des tempêtes tropicales dans l’Atlantique, ont été relativement peu nombreuses.

Les conditions peuvent évoluer rapidement : la population doit rester vigilante

Depuis le début de l’année, seules cinq tempêtes baptisées ont été recensées dans l’Atlantique. Toutes ont été de courte durée et aucune ne s’est renforcée jusqu’au stade d’ouragan. Trois d’entre elles, dont Arthur et Edouard, ont toutefois provoqué de fortes pluies et des orages sur les terres.

La saison cyclonique se poursuit néanmoins jusqu’en novembre. Les conditions pourraient donc évoluer et devenir plus propices à la formation d’orages susceptibles de se transformer en tempêtes tropicales, voire en ouragans.

L’un des principaux facteurs à surveiller est la hausse de la température des eaux dans l’Atlantique occidental et le golfe du Mexique, qui pourrait favoriser le déclenchement de ces systèmes orageux.

Il est important de souligner que toutes les années marquées par un épisode El Niño ont connu au moins un ouragan. Les habitants des zones côtières doivent donc poursuivre leurs préparatifs habituels, car la saison cyclonique se prolonge jusqu’au 30 novembre.