Adaptation de l’agriculture face aux nouveaux défis climatiques et réglementaires
Le monde agricole fait partie des secteurs les plus touchés par le changement climatique. Mais quelles sont réellement les conséquences et solutions ?

Face à l’évolution rapide des conditions climatiques, le secteur agricole se trouve contraint d’adapter ses équipements et ses pratiques. De plus en plus de matériel polyvalent est désormais utilisé pour permettre une meilleure gestion des années exceptionnellement sèches ou, au contraire, très humides.
Cette adaptation est devenue incontournable afin de préserver la rentabilité des exploitations malgré des aléas climatiques accentués.
Entre évolution des pratiques, contraintes réglementaires et concurrence internationale
En l’espace de vingt ans, la période de moisson s’est considérablement modifiée. Aujourd’hui, la récolte intervient en moyenne dix jours plus tôt qu’auparavant. Toutefois, l’avance prise en sortie d’hiver est souvent perdue lors de cette même saison, si bien que les stades des cultures restent globalement similaires.
Ce sont donc principalement les périodes de sécheresse, notamment en juin, qui influencent désormais la date effective de la moisson. Par ailleurs, les incertitudes liées à la production touchent l’ensemble des cultures, rendant la gestion des exploitations de plus en plus complexe.
Fort impact du climat, et plus précisément de la météo et ses extrêmes
Les agriculteurs témoignent d’un sentiment de subir ces évolutions, tout en faisant leur maximum pour s’adapter. Des essais sont menés, mais leurs résultats diffèrent selon la taille des surfaces cultivées. Selon un témoignage d’un exploitant agricole : « Un frein majeur à l’évolution des pratiques réside dans la diminution de la recherche sur les produits phytosanitaires, conséquence d’une réglementation de plus en plus stricte et de seuils d’homologation abaissés. »*

L’agriculture raisonnée limite elle aussi les marges de manœuvre, en particulier pour l’utilisation des fongicides qui ne sont désormais disponibles qu’en solutions préventives. Cette incertitude, associée à des prévisions météorologiques parfois volatiles, accroît considérablement les risques économiques pour les exploitants.
Des évolutions notables sont néanmoins observées. Par exemple, sur les cultures de blé, les progrès génétiques permettent de réduire l’utilisation de fongicides : alors qu’il était courant d’en appliquer jusqu’à trois, aujourd’hui les pratiques se limitent à une ou deux applications, grâce à des variétés plus résistantes.
Toutefois, le désherbage devient problématique : les substances actives sont progressivement retirées du marché sans être remplacées, et l’efficacité des anciennes diminue face à la résistance des adventices. Le désherbage mécanique est possible mais l’efficacité peut différer selon le type de parcelle et de l’étendue des « mauvaises herbes ».

« Il est difficile de faire mieux en matière d’environnement, la France disposant de l’une des agricultures les plus propres au monde. »* Cependant, un paradoxe persiste sur les produits importés de pays comme ceux du Mercosur. Ils sont souvent cultivés à l’aide de substances interdites en Europe : « Cette concurrence déloyale questionne la cohérence des politiques nationales et européennes. »*
Et le bio, solution idéale ?
« Le développement de l’agriculture biologique rencontre également ses limites, en particulier dans la filière céréalière. Après cinq ans, de nombreux agriculteurs font machine arrière, faute de rentabilité économique. »* Les rendements peuvent aussi se montrer plus variables selon le type de sol et de culture.
De type conventionnelle ou biologique, l’agriculture est impactée par le changement climatique. Pour s’adapter, cela demande un temps relativement long afin de procéder à d’éventuelles transformations des façons de cultiver.
*propos d’un exploitant agricole français