Pourquoi la commensalité est-elle bénéfique pour la santé ?

La commensalité est le fait de partager un moment convivial autour d'un repas. Derrière ce terme peu usité de la langue française, se cache plus qu'une simple pratique sociale.

Un repas d'anniversaire en Indonésie.
Un repas d'anniversaire en Indonésie.

On le sait, ce que l'on mange est primordial pour la santé, au plan à la fois physique et mental. Mais tout n'est pas qu'une question de contenu dans l'assiette. L'environnement dans lequel on mange a également son influence. Dans un endroit calme ou dans le bruit et les odeurs, entouré de nature ou devant un écran, avec ou sans convives à table... Pour améliorer son bien-être, il faut regarder au-delà de ce que l’on mange. Ainsi, manger en compagnie pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé, parfois insoupçonnés.

Le repas partagé, un allié pour la santé mentale

Ce phénomène porte d’ailleurs un nom, peu connu de la langue française : la commensalité, qui désigne ce moment précieux d'un repas partagé. « Un beau mot de la langue française, synonyme de partage et de convivialité : est commensal celui qui mange à la table des autres », rappelle Radio France. Créer ce lien social autour du repas pourrait donc être plus bénéfique qu’on ne l’imagine.

Le moment du repas jouerait d’abord un rôle important pour notre santé mentale. Des études menées en Chine et au Japon montrent que les personnes âgées qui mangent seules ont davantage de risques de développer des symptômes dépressifs que celles qui mangent en compagnie d'autres personnes.

La variable du plaisir gustatif

Selon Robin Dunbar, anthropologue biologique à l’université d’Oxford, interrogé par la BBC, « manger déclenche naturellement la production d’endorphines, des substances chimiques associées au bien-être ». Cette réaction pourrait contribuer à renforcer les liens sociaux créés autour de la table et à intensifier le sentiment de connexion avec les autres. Ce qui pourrait également amplifier le plaisir gustatif.

Certains plats favorisent la convivialité, comme la pizza que l'on partage.
Certains plats favorisent la convivialité, comme la pizza que l'on partage.

Une série d’études menées par Erica Boothby, de l’Université de Pennsylvanie, ont notamment montré que des personnes ayant mangé du chocolat en compagnie d’une autre personne le jugeaient nettement plus savoureux, rapporte la BBC. Notre appréciation d’un aliment pourrait dépendre des personnes avec lesquelles nous le dégustons… Le plaisir de manger ne repose donc pas toujours sur ce qui se trouve dans l’assiette.

L'isolement, un facteur de dénutrition

A l'inverse, manger seul pourrait affecter le cerveau. En 2025, des chercheurs japonais ont observé que les personnes qui mangeaient fréquemment seules présentaient un volume cérébral réduit dans plusieurs régions impliquées dans les fonctions cognitives. « Bien que certaines de ces différences semblent liées à l’alimentation elle-même - en général, les personnes qui mangent seules ont tendance à consommer des aliments moins nutritifs -, cela n’explique pas tout », affirme la BBC.

Selon les chercheurs, le lien social et les conversations des repas partagés pourraient réduire le stress, qui reste un facteur de risque du déclin cognitif, et fourniraient une forme de stimulation mentale supplémentaire.

Des repas partagés plutôt qu'une augmentation

Le Rapport mondial sur le bonheur, cité par le magazine ELLE, montre que les habitudes alimentaires varient d’un pays à l’autre. Posée dans 142 pays, une question portant sur le nombre de repas partagés dans une semaine montre que manger seul pèserait plus lourd sur le moral que le niveau de revenu. Quand les Japonais prennent moins de quatre repas en compagnie d’autres personnes chaque semaine, au Royaume-Uni et aux États-Unis, on partage en moyenne sept ou huit repas par semaine et en Italie, autour de neuf. Pour autant, il n'est pas nécessaire de participer à de grandes tablées, mais un déjeuner à deux, en confiance et loin des écrans, est déjà très positif pour le bien-être.

Référence

Vous avez tout intérêt à préserver cette habitude simple et conviviale… qui s’avère être très bénéfique pour la santé, Olivia Akrichi, le 7 septembre 2026