L'habitat léger, une nouvelle façon de vivre proche de la nature
Partout en France, particulièrement en Bretagne, l’habitat léger et réversible gagne du terrain. Alternative écologique à l’habitat traditionnel, c'est aussi une solution économique et sociale pour permettre à tous.tes d’habiter dans de bonnes conditions.

Tiny house, maison en bois, yourte, cabane... Autrefois réservées à quelques babacools qui semblaient vivre en marge, les habitats légers ont le vent en poupe à l'heure où l'impact écologique des bâtiments et l'empreinte carbone des constructions sont enfin pris en considération. Exempte de fondation en béton, l'habitat léger minimise l'imperméabilisation des sols et l'empreinte carbone. Il regroupe des structures démontables, déplaçables ou modulaires constituant une alternative écologique et économique de plus en plus soutenue par des initiatives locales, notamment en Bretagne.
Voir les arbres, ressentir les saisons…
A Saint-André-des-eaux, près de Dinan, dans les Côtes-d'Armor, le hameau léger du Placis est le premier à être sorti de terre en 2020. Il regroupe 8 habitats réversibles autour d'espaces communs tels qu'une buanderie, une chambre d'amis et un café-concerts-épicerie collaboratif. Et surtout, les arbres ont été conservés - de grands chênes bordant les maisonnettes. « Ce qui est trop chouette dans le fait d'habiter une mini maison, c'est que de toutes les fenêtres, on voit les arbres », se réjouit Nolwenn Le Nir, une habitante du hameau.
A 140 kilomètres à l'ouest, la petite commune finistérienne de Plouigneau a, elle aussi, son hameau léger : l’écohameau de Ker Lisette. Alexia Trévien, salariée agricole âgée de 30 ans, vit depuis trois ans dans sa tiny house. « Vivre en tiny, c’est plus ressentir les saisons, le vent, la pluie, confie-t-elle. J’adore être en contact avec la nature. »
Se rapprocher de la nature, mais aussi recréer du lien social font partie intégrante du projet. « Le hameau léger offre une alternative innovante aux ménages confrontés à des logements trop chers ou inadaptés, tout en répondant au besoin de lutter contre l'isolement social, explique l'association Hameaux légers, qui accompagne 25 projets sur l'ensemble du territoire. Conçu pour promouvoir un mode de vie écologique et durable, il permet de vivre en harmonie avec la nature, de renforcer les liens sociaux et de s'engager activement dans les projets locaux. Un projet collectif où les voisin·es s’entraident et contribuent à la dynamique de leur territoire. »
Partage et mutualisation
Ainsi, plus que de simples voisins, les habitants se partagent une maison commune, mutualisent des outils, de l’électroménager et des repas. « Il n’y a aucune obligation, chacun fait comme il le souhaite, soutiennent Claudine et Yann, un couple d'habitants de Ker Lisette. C’est un lieu de vie, de partage où chacun a sa liberté de vivre. »
Vivre en habitat léger c’est aussi prendre le contre-pied du logement traditionnel en faisant le choix d'habiter un petit logement à très faible empreinte carbone. Clémentine Louis, une habitante du Placis, présente sa maison démontable en kit avec une ossature bois et un isolement en paille.
En milieu rural, le bâti est de plus en plus souvent réservé aux résidences secondaires et il est quasiment impossible pour les personnes les plus modestes d’accéder à la propriété. Dans ce contexte, l’habitat léger se révèle souvent une solution économique. Il permet aussi de repenser le rapport à la propriété car il n’est pas forcément nécessaire d’être propriétaire du terrain sur lequel l’habitat est posé, celui-ci pouvant être mobile ou démontable.